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Au cœur des Bauges …

Les Bauges, un petit bijou dans son écrin de calcaire, abrité derrière des remparts de pierre : Semnoz au nord dominant Annecy, Revard à l’ouest dominant Aix-les-Bains, Sambuy au sud-est dominant la Combe de Savoie et la Belle Étoile à l’est dominant Albertville. Accessible par le défilé de Banges au nord en venant d’Aix-les-Bains, par les cols des Prés et de Plainpalais à l’ouest en venant de Chambéry, par le col de Leschaux au nord en venant d’Annecy, par le col de Tamié à l’est entre Faverges et la Combe de Savoie et par le col du Frêne au sud-est en venant du val de l’Isère.

Les Bauges, un merveilleux losange de montagnes qui porte à ses extrémités les vitraux bleus des lacs les plus purs et les plus vastes de France : les lacs d’Annecy et du Bourget.

Les Bauges, un continent intime qui vient, pareil à des vagues, s’échouer sur des grèves; des vagues de roches, aux écumes vertes de forêts et de prairies, des vagues de cimes orientées sur un axe nord-est sud-ouest.

Au cœur des Bauges, 14 perles qui s’égrènent du nord au sud : Lescheraines, Arith, Le Noyer, Saint-François-de-Sales, Bellecombe-en-Bauges, La Motte-en-Bauges, Aillon-le-Jeune, Aillon-le-Vieux, Le Châtelard, Doucy-en-Bauges, Ecole, Jarsy, La Compôte, Sainte-Reine.

Extrait du livre « BAUGES, le pays secret » de Jean-Marie Gueyraud et Christian Molitor

« Ne le répétez pas. Cet îlot juvénile a vingt millions d’années ! Son histoire est étrange. S’extirpant de la mer, il naît en plein chaos. Il découvre bientôt qu’il est le rejeton d’une liaison dantesque entre un Mont-Blanc hautain et une Lauzière glaciale. Ces deux monstres d’orgueil ignorent l’enfant de leurs tourments. Son adolescence est celle d’un écorché vif. Comme un coq de combat dressé sur ses ergots, bec ouvert, cou tendu sur l’Arc et sur l’Isère, crête congestionnée défiant les géants de granite, plumes de sa lyre léchant nos grands lac subalpins, ailes distendues des Bornes à la Chartreuse … ce petit va-t’en guerre, trop longtemps ignoré, bousculé mille fois, torturé par le temps, la pluie, le vent, exhibe fièrement ses stigmates martyrs. De profondes cicatrices zèbrent son corps d’éphèbe. Un horrible sentiment d’abandon le poursuit. Il coquerique au monde sa rancœur de mal de vivre. L’enfer de l’abandon. Et puis un jour, l’Homme pénètre son espace. Peu à peu, sa constance a raison du dépit. Il apprivoise la bête querelleuse, modulant ses excès et pensant ses blessures. D’un simple gladiateur, il en fait un Phénix. De ses plumes moirées, lui tisse un tapis vert. Et le vil sauvageon se convertit en ange. Un ange de douceur. Un havre de beauté. Après des siècles de connivence, l’habitant admire son chef d’œuvre : le massif offre un goût de terre promise. Scellant ainsi l’alliance, il prend le nom de Bauges.« 

Les photos de Christian Molitor : http://www.molitorphoto.com/photos/les-bauges