Cuire et Caluire d’antan …

Cuire et Caluire d’antan …

De Cuire-le-Haut à Cuire-le-Bas, entre plateau et berges de Saône, je vous invite à une découverte de l’ancien quartier de Cuire, qui fusionna avec Caluire en 1797.

Une carte

La carte suivante fait apparaître les lignes de transport qui traversaient autrefois le quartier, des bâtiments qui n’existent plus comme le Fort de Caluire, des lieux insolites comme la champignonnière de Caluire, …

Ouvrir la carte en grand et cliquer sur chaque point d’intérêt ou tracé pour plus d’infos.



Des photos aériennes

Il fut un temps où Cuire-le-Haut ressemblait à un immense jardin. De vastes étendues fleuries recouvraient les sols exploités par de nombreux horticulteurs. Sur la photo suivante, qui date de 1966, pas de Montjoie mais des champs cultivés.

En 1966

Les années 70 sont une période de changements importants dans la physionomie du quartier. Sur le site de l’IGN on peut remonter le temps grâce à des photos aériennes de 1947 | 1954 | 1961 | 1966 | 1972 | 1973.

Lorsqu’une carte s’ouvre, cliquer sur le point jaune le plus proche du Montjoie pour passer en haute définition.

Le Montjoie, construit entre 1968 et 1970, apparaît sur la photo de 1972. Vous noterez les zones de terre arable qui ont été « retirées », en particulier sur le terrain situé à l’arrrière de la copropriété.

Caluire d’hier et d’aujourd’hui, comparer !

Survoler le quartier en 3D.

Des cartes postales anciennes de Caluire-et-Cuire

Invitation à un voyage dans le passé de Caluire-et-Cuire à travers une cinquantaine de cartes postales anciennes.

Points de repères historiques

Peut-on parler du passé de Caluire-et-Cuire sans avoir une pensée pour la vieille abbaye de l’Île Barbe qui fut une des parures de la France médiévale.

Au Moyen Âge, Cuire dépend juridiquement de l’abbaye d’Ainay. Vers 1317, Jean II de la Palud, abbé d’Ainay, fait construire un château-fort sur un rocher dominant la Saône. Le petit village de Cuire est alors composé d’un château et six maisons.

En 1578, Nicolas de Lange est le premier seigneur de Cuire. A la Révolution de 1789, le dernier seigneur de Cuire est Simon-Claude Boulard de Gatellier.

La commune de Caluire-et-Cuire est créée en 1790, mais officiellement en 1797, par fusion de la commune de Caluire et du quartier de Cuire, lui-même détaché de l’ancienne commune de Cuire-la-Croix-Rousse.

Dans l’été 1793, Lyon est déclarée en état de « rébellion » par la Convention nationale, assiégée et bombardée (entre autres depuis Caluire), avant de céder en octobre. La ville subit alors une intense répression. La guillotine est installée aux Terreaux, la plaine des Brotteaux est le théâtre d’exécutions. Près de 2000 personnes seront ainsi exécutées.

En 1814, Caluire subit l’occupation des Autrichiens suite à la chute de l’empire napoléonien. Cette invasion a deux conséquences : la construction des lignes de fortifications autour de Lyon (dont les forts de Caluire et Montessuy) et l’ouverture de nouvelles voies (Montée des Soldats et Chemin des Soldats, l’actuelle Montée Castellane).

En 1862, la ligne de chemin de fer Croix-Rousse – Sathonay est terminée. Cette ligne surnommée « La Galoche » traversait le territoire de Caluire-et-Cuire en utilisant notamment l’actuel tracé de la voie de la Dombes.

Le fort de Caluire est démoli en 1933 pour construire l’actuel stade Henri-Cochet. Du fort de Montessuy ne subsiste que la caserne.

A partir de 1940, l’activité principale de la commune est maraîchère, Caluire est notamment réputée pour sa culture des choux et salades.

La commune subit les débuts de la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’armée allemande atteint les portes de la ville le 19 juin 1940 à 14h. La commune est victime de bombardements alliés le 27 juillet et le 6 août 1944. Le 2 septembre 1944, l’occupant détruit les ponts Poincaré, de l’Île Barbe et de Collonges. Caluire est libérée de l’occupation allemande le 3 septembre 1944.

Caluire était un lieu important de la résistance française. Le 21 juin 1943, Jean Moulin est arrêté par la Gestapo, menée par Klaus Barbie, dans la maison du docteur Dugoujon. Il meurt le 8 juillet 1943 en gare de Metz, dans le train Paris-Berlin qui le conduisait en Allemagne pour y être interrogé.

Les maraîchers de Caluire

Une terre difficile à cultiver …

  • dans son Mémoire sur le Gouvernement de Lyon, Lambert d’Herbigny, intendant général de Lyon, écrivait en 1697 : « les habitants doivent fumer leurs champs avec les balayures et immondices de la Ville de Lyon sans quoi ils ne pourraient rien recueillir à cause de la stérilité des lieux« .
  • dans une délibération du Conseil municipal du 16 juin 1793, on peut lire : « il y a peu de terrain aussi ingrat que celui de Caluire, … l’infatigable cultivateur, à force d’engrais tiré de la Ville de Lyon à grands frais, et de son travail, est parvenu à mettre en état cette partie« .

Les terrains cultivés s’étendaient sur une centaine d’hectares de Caluire à Rillieux. On y faisait pousser de nombreux légumes, choux, carottes, pommes de terre, poireaux, épinards, radis, salades, …Le produit phare était le chou et la spécialité le navet noir. La majeure partie était écoulée à la Croix-Rousse et sur les marchés de Lyon, en particulier celui du Quai Saint Antoine.

Pour enrichir la terre, outre le fumier de cheval, on épandait la « gandouse » (mot lyonnais pour désigner les excréments humains). Cette gandouse était récupérée par les « gandousiers » dans les fosses d’aisance de Lyon et stockée dans des dépotoirs officiels, avant d’être vendue aux cultivateurs. Outre la gandouse, on épandait également les équevilles, les ordures ménagères que ramassaient les équevilleurs. Le surnom de « Gandouse Plage » donné à Caluire, provient du mélange des odeurs de gandouse et de chou (le légume phare de Caluire) qui volaient dan l’air à cette époque.

Au début du XXème siècle, entre 100 à 150 maraîchers et horticulteurs étaient recensés à Caluire; il en restait un dizaine en 2010.