Les chrétiens dans l’empire romain

Les chrétiens dans l’empire romain

Dans la province romaine de Judée, de nombreux juifs supportent de moins en moins bien la domination romaine et attendent l’arrivée d’un messie, pour délivrer leur peuple et rétablir le royaume d’Israël.

Jésus, un jeune juif de Galilée, prêche l’amour et le pardon et annonce être le fils de Dieu. Il attire de nombreux disciples qui voient en lui le messie (Christos en grec). Considéré comme un agitateur par les autorités romaines et à la demande des autorités religieuses juives, il est arrêté et crucifié.

Après la mort de Jésus, ses disciples, convaincus de sa résurrection, diffusent son message d’abord auprès des juifs puis, à l’initiative de Paul, aux païens, n’exigeant d’eux ni la circoncision, ni le respect des règles alimentaires propres au judaïsme. Dans la seconde moitié du Ier siècle, entre 65 et 100, les disciples mettront par écrit les traditions orales sur la vie et l’enseignement de Jésus : ce sont les Évangiles

Née dans l’Orient romain, la nouvelle religion gagne progressivement tout l’Empire. Elle attire particulièrement les couches les plus humbles de la société romaine car le message chrétien apporte un dieu qui est amour, et qui n’est pas indifférent au sort des êtres humains. Vers 38, de petits groupes de chrétiens se constituent à Rome, au sein de la communauté juive, déjà nombreuse, puisque certains historiens pensent en effet qu’elle comptait plus de 30 000 membres.

La diffusion du christianisme du Ier au IVe siècle

A cette époque, les principaux cultes de l’empire sont les cultes païens, consacrés aux dieux romains traditionnels, mais aussi, de plus en plus, à des dieux venus d’Orient : Mithra, Isis, Osiris, Cybèle… Parmi tous ces cultes, le judaïsme est la seule religion monothéiste. Tolérés par le pouvoir, les juifs sont exemptés du culte impérial,  religion d’état qui incarne le patriotisme, la citoyenneté, la soumission aux autorités.

Les communautés chrétiennes se développent d’abord dans l’indifférence des Romains qui acceptent toutes les religions, tant qu’elles ne s’opposent pas aux dieux de Rome ni à la pratique du culte impérial. Or, les chrétiens, qui affirment que leur Dieu est le seul vrai Dieu, refusent de rendre un culte à l’empereur. C’est ce refus de se soumettre au culte impérial, qui déclenchera les persécutions; de nombreux empereurs verront là aussi un moyen commode de répondre aux revendications d’une partie du peuple.

Le mot « chrétien » est employé pour la première fois à Antioche, ville grecque de Syrie, vers l'année 44. Il est sans doute devenu coutume à partir de l'époque d'Ignace d'Antioche (fin Ier - début IIe) et Polycarpe de Smyrne (première moitié du IIe), probablement à cause de l'acceptation du terme par Pierre. Il apparaît dans de la littérature laïque avec Flavius Josèphe qui parle de "la tribu des chrétiens", avec Pline le Jeune dans sa correspondance avec Trajan  et avec Tacite à la fin du Ier siècle.

Alors que les juifs se réunissent très officiellement dans des synagogues, les chrétiens n’ont pas d’églises à leur disposition; elles n’apparaîtront qu’à partir de 212, sous le règne de Caracalla.

Les premières communautés chrétiennes se réunissent dans des maisons particulières. Ils inhument leurs morts dans les catacombes, où ils peuvent décorer les tombes de motifs chrétiens et prier.

Dans la maison de prière d’Europos-Doura en Syrie, cette fresque datant du IIIe siècle représente une scène des Évangiles : Simon-Pierre et Jésus marchant sur l’eau.
Catacombes de la Via Latina – Rome, IVe siècle

Les premiers chrétiens utilisent des symboles pour se reconnaître, la croix et le poisson, le chrisme. Les premières lettres de « Christ » en grec, chi (X) et rho (P) forment le chrisme (1). La première lettre (alpha) et la dernière lettre de l’alphabet grec (oméga) signifient que Jésus est le début et la fin de tout (2). Le poisson (3) se dit ichtus en grec, mot dont chaque lettre forme l’expression Iesus Christos Theou Uios Sôter, qui signifie « Jésus Christ fils de Dieu Sauveur ».

Sarcophage et Stèle funéraires

Comment les chrétiens sont-ils perçus par nombre de Romains ? Mettons-nous à leur place, quand ils apprennent que les chrétiens mangent du pain et boivent du vin, et qu’ils disent qu’ils mangent le corps et qu’ils boivent le sang de leur dieu. Les rumeurs les plus folles circulent, on parle d’orgies, de sorcellerie, de magie noire, de cannibalisme … Le pouvoir voit dans cette secte juive, adepte de pratiques coupables, une communauté insaisissable, volatile, sans limites franches, sans assise sociale, donc un risque d’affaiblissement pour la société, donc une menace. Et quand le pouvoir se sent menacé, on peut être sûr que tôt ou tard il y aura une réaction, et qu’elle sera violente. Les chrétiens de Rome, environ 5000 en 64, sont assis, sans le savoir, sur un baril de poudre. Il suffit d’une étincelle pour que tout explose.

L’explosion a lieu le 18 juillet 64 avec un incendie qui ravage durant dix jours tous les quartiers de Rome à l’exception du quartier des juifs, et qui fait des milliers de morts et des centaines de milliers de sans-abris. Dans l’esprit des survivants, l’incendie est une punition envoyée par les dieux contre Néron qui a tué sa mère, Agrippine, et son beau-frère, Britannicus. Néron réussit à détourner la colère populaire vers ces chrétiens mal connus et calomniés. Il ordonne des persécutions et édicte qu’il n’est pas permis d’être chrétien : « Christianum esse non licet ». On estime à environ 500 le nombre de ces premiers martyrs, soit peut-être 10 % des chrétiens romains en 64.

Les persécutions sont lancées, et vont durer 250 ans, en plusieurs épisodes. Toujours très violents, mais jamais continus, ni étendus à l’ensemble de l’empire : en 64, seule Rome est touchée.

A la mort de Néron, les chrétiens considèrent que les persécutions qui ont eu lieu ne peuvent avoir été le fait que d’un fou, et ne voient pas pourquoi ils seraient à nouveau martyrisés. Ils profitent de l’accalmie de 25 ans qui s’en suit pour gagner de nouvelles âmes avant de déchanter avec Domitien, qui, au cours des années 90, alors qu’il est au pouvoir depuis une dizaine d’années, prend deux décisions, en apparence anodines, qui vont provoquer des drames : la décision de se faire appeler « Domitien seigneur et dieu » qui est contraire au premier Commandement : « Tu n’auras pas d’autre dieu que moi » et la décision d’étendre aux chrétiens la taxe spéciale réservée aux juifs de l’empire qui les met face à un dilemme : payer l’impôt c’est reconnaître qu’on est juif, et plus chrétien.

Désobéir à ces deux ordres de Domitien est un crime puni de mort et, du simple fait de professer sa foi, le chrétien est condamné, puisque le christianisme est interdit depuis 64.

Cette période de persécution, qui dure la moitié de l’année 95, est très violente et très étendue géographiquement : Rome et tout l’Orient. Elle touche uniquement les hautes sphères de l’état et de l’administration : prenant prétexte de condamner des gens parce qu’ils sont chrétiens, Domitien en profite pour se débarrasser de ses opposants. Il ne touche pas aux chrétiens du peuple.

Chronologie simplifiée des empereurs romains (d’Auguste à Commode).

Un calme relatif revient pendant le règne de Nerva, entre la mort de Domitien en 96 et l’avènement de Trajan en 98. Pendant les premières années de ce nouveau règne, les chrétiens doivent faire face, non pas à des persécutions systématiques, mais à ces flambées de violence qu’ils connaissent déjà. C’est ainsi qu’en 107, Siméon, évêque de Jérusalem, et Ignace, évêque d’Antioche sont torturés et condamnés à mort. En 112, Trajan est sollicité par Pline le Jeune, gouverneur de Bithynie (ouest de l’actuelle Turquie), sur la conduite à tenir par rapport aux chrétiens; il lui répond par un rescrit :

Il ne faut pas faire de recherches contre les chrétiens. S’ils sont accusés et convaincus, il faut les punir. Si l’accusé nie qu’il soit chrétien et qu’il le prouve par sa conduite; c.-à-d. en invoquant les dieux, il faut pardonner à son repentir, quel que soit le soupçon dont- il ait été chargé auparavant. Dans nul genre d’accusation, il ne faut recevoir de dénonciation sans signature. Cela serait d’un pernicieux exemple et contraire aux maximes du règne

Rescrit de Trajan à Pline le Jeune, gouverneur de Bithynie en Asie Mineure (112)

Ce rescrit est complètement aberrant et illogique : il défend de rechercher les chrétiens comme s’ils étaient innocents et ordonne de les punir comme s’ils étaient coupables, sauf s’ils abjurent leur foi. Le rescrit défend également de prendre en considération les dénonciations anonymes. Les chrétiens vont désormais vivre dans la peur des sautes d’humeur du peuple et des dénonciations.

Trajan appliquera cette politique jusqu’à sa mort, en 117, ainsi que ses trois premiers successeurs, Hadrien (117-138), Antonin (138-161), et Marc-Aurèle (161-180), qui s’en tiennent tous à ce rescrit, et donc, se gardent bien de réexaminer le fait chrétien. Voilà pourquoi il y a eu tant de martyrs sous leurs règnes respectifs, malgré les efforts, notamment, de deux apologistes, Quadratus et Aristide en 126. 

Presque cent ans après Néron, le christianisme demeure interdit, et les fidèles sont toujours dans un état permanent d’insécurité, à la merci de dénonciations ou de mouvements de foule violents, au cours desquels le peuple tout entier se fait accusateur. A ces moments-là, aucun magistrat romain, qu’il veuille conserver la faveur de ses administrés, ou éviter des émeutes, ne prend le risque de protéger les chrétiens. Polycarpe, évêque de Smyrne (actuelle Izmir, en Turquie) et disciple de Saint Jean, est ainsi martyrisé en 155 face à la pression populaire.

Au tournant des années 150 et 160, malgré un siècle d’interdiction, le christianisme est maintenant partout dans l’empire, et dans tous les milieux sociaux. Il devient un phénomène incontournable.

Le début du règne de Marc-Aurèle, en 161, voit se succéder une série de catastrophes : invasions barbares, peste rapportée des campagnes contre les Parthes et qui va se propager pendant 20 ans en Occident, pluies diluviennes sur l’Italie qui entraînent des famines, … La majorité du peuple est persuadée que les chrétiens sont la cause de ces maux. Marc-Aurèle, en homme superstitieux et crédule, persécute, sciemment, froidement, sans pitié, certain de faire justice et de complaire aux dieux : martyr des premiers chrétiens lyonnais en 177 parmi lesquels Pothin, évêque de Lyon..

Avec 3 empereurs (Trajan, Hadrien et Marc-Aurèle), le IIe siècle est une période stable : les autorités tiennent la même ligne de conduite à partir du rescrit de Trajan.

Avec 33 empereurs, le IIIe siècle est une période d’instabilité avec une alternance incohérente de périodes de persécutions et de périodes de tolérance. Un débat s’engage parmi les politiques et les intellectuels : Faut-il continuer à martyriser ces gens, dont le seul « crime » est d’être chrétiens, et qui sont, on le sait partout dans l’empire, inoffensifs ? Faut-il tolérer, composer, ou combattre ?

Chronologie simplifiée des empereurs romains (de Pertinax à Théodose)

Commode, successeur de Marc-Aurèle en 180, engage une politique de tolérance qui sera poursuivie par Septime Sévère pendant une dizaine d’années, de son arrivée au pouvoir en 193 jusqu’en 202, année au cours de laquelle les persécutions reprennent. Elles sont la réaction de Septime Sévère à une nouvelle apologie, rédigée par Tertullien, païen converti, et ordonné prêtre. S’adressant à l’empereur, il écrit :

Combien de fois par le passé, et sans votre permission, une foule hostile s’en est-elle prise à nous, à coups de pierres ou avec des torches incendiaires ? Dans une folie digne des Bacchanales, l’on n’a même pas épargné les chrétiens morts. Arrachés au repos de la tombe, cet asile des défunts, des cadavres méconnaissables, déjà à demi décomposés, ont été déchirés, démembrés. Et pourtant, quelles représailles punissant de telles insultes pouvez-vous reprocher à ce peuple si uni et si courageux même face au trépas ? Alors qu’une seule petite nuit et quelques petites torches suffiraient largement à nous venger, s’il nous était permis de rendre le mal pour le mal ! […] Et même si nous voulions agir, non comme des vengeurs secrets mais comme des ennemis déclarés, est-ce que les troupes nous manqueraient ? […] Nous ne sommes que d’hier, et nous remplissons déjà la terre entière. […] Nous pouvons faire le compte de vos troupes : les chrétiens d’une seule province sont plus nombreux. 

Tertullien

Septime Sévère voit une menace dans cette apologie. Il prend peur, et, comme souvent, la réaction impériale est violente : il publie un édit qui aggrave la législation antérieure. Il est désormais interdit de convertir et de se convertir.

A sa mort en 211, son fils aîné Caracalla lui succède. Il met fin aux persécutions, sans abolir pour autant la législation anti-chrétienne. Cette tolérance est en partie politique : il vaut mieux se concilier, et non affronter la force que constitue le christianisme, à l’heure où les fidèles représentent 15 à 20 % de la population de l’empire. Les chrétiens profitent de cette nouvelle accalmie, qui va durer 36 ans, si on excepte le règne de Maximin (235-238), pour construire leurs premières églises.

Cette période de paix est interrompue en 248 avec l’avènement de Dèce. Face à la décadence de l’empire, il veut un peuple solidaire, uni autour de lui. Pour cela, il demande à tous ses sujets de sacrifier publiquement à Rome et à lui-même. Obéir à cet ordre est impossible pour les chrétiens, fidèles au premier Commandement. Ce refus fait des milliers de martyrs, dont le pape Fabien, en janvier 250, et trois des évêques qu’il a envoyés en Gaule, pour évangéliser et organiser les Eglises locales : Sernin à Toulouse, Gatien à Tours, et Denis premier évêque de Lutèce.

A la mort de Dèce en 251, le pouvoir revient à Gallus, puis à Valérien en 253, qui suspend les persécutions, pour trois ou quatre ans. Cette période passée, l’empereur, qui a besoin d’argent pour combattre les barbares et les Perses, engage une nouvelle persécution en 257 dans le but de confisquer les richesses des chrétiens.

Les conséquences de cette persécution sont bien moindre que celle de Dèce. Visant essentiellement les couches supérieures et le clergé et aucunement les simples fidèles, elle donne lieu a très peu de cas d’apostasie. Parmi les martyrs historiques de cette persécution, Cyprien, évêque de Carthage, Sixte, évêque de Rome, et Laurent, diacre chargé de l’administration des finances de l’Eglise, et bras droit du pape Sixte II. Les victimes furent plus nombreuses en Afrique et parmi la communauté romaine que dans les autres provinces d’Occident et très peu nombreuses en Orient.

La fin du règne de Valérien en 260 ramène un calme, toujours relatif, qui dure jusqu’à l’avènement de Dioclétien, en 284.

Première chose à faire pour le nouvel empereur : stabiliser l’empire, victime de son gigantisme. Son idée : le séparer en deux parties, occidentale et orientale, chaque partie étant dirigée par son propre empereur, un Auguste. Dioclétien décide de devenir Auguste d’Orient, et il choisit, comme Auguste d’Occident, un certain Maximien. Comme les deux hommes ont déjà la cinquantaine, ils désignent chacun un César, c’est-à-dire un vice-empereur, qui sera appelé plus tard à succéder à son Auguste : Galère pour Dioclétien, et Constance pour Maximien. C’est donc une direction à quatre têtes, une tétrarchie, qui s’installe aux commandes de l’empire.

Des premières années de cette tétrarchie, les fidèles n’ont pas à se plaindre. Les autorités poursuivent la politique de tolérance en vigueur depuis plusieurs années. Cependant les persécutions repartent dès 287, à l’instigation de Maximien, l’Auguste d’Occident, qui fait exécuter des dizaines de soldats chrétiens, car ils ont refusé de prêter serment aux dieux.

Le calme revient ensuite jusqu’à ce que Galère, païen forcené qui déteste les chrétiens, déclenche à nouveau les hostilités. En 297, informé de quelques cas isolés de fidèles, objecteurs de conscience, qui refusent de s’enrôler, il engage une vaste purge dans ses légions, destinée à en éliminer tous les fidèles. L’épuration gagne, en Occident, les territoires administrés par Maximien.

Galère va lentement saper la confiance de Dioclétien envers les fidèles jusqu’à ce qu’il publie début 303 quatre édits anti-chrétiens : il est interdit aux chrétiens de se réunir ; les sanctuaires doivent être démolis, et les livres sacrés, brûlés ; les fidèles sont déchus de leurs droits ; ils doivent abjurer, sinon c’est la condamnation à mort. Fin 303, il rédige deux édits supplémentaires : les membres du clergé sont jetés en prison ; ceux qui abjurent sont libérés, les autres sont suppliciés. Dernier édit, au printemps 304 : tous les habitants de l’empire doivent sacrifier aux dieux.

Constance refuse d’appliquer les édits dans ses provinces. Maximien, qui n’aime pas plus les fidèles que Galère, les applique dans les siennes; ainsi il détruit trois siècles d’archives de l’Eglise à Rome. En 305, Dioclétien et Maximien abdiquent. Les nouveaux Augustes sont donc Galère et Constance, avec, comme Césars, Maximin Daia et Sévère. Constance maintient la politique de tolérance qu’il a toujours appliquée, et son César fait de même : c’en est fini des persécutions en Occident.

En Orient, les chrétiens souffriront jusqu’à l’édit de tolérance promulgué en 311 par Galère. A sa mort, Maximin Daia et Licinius se partagent l’Orient. En Occident, les hommes forts sont maintenant Constantin et Maxence. Ce sont deux ambitieux, auxquels leur moitié d’empire ne suffit plus. Leur affrontement est inévitable. La veille de la bataille décisive, Constantin, même s’il n’est pas encore converti, prie le Christ de l’aider. Un signe apparaît dans le ciel : une grande croix lumineuse, avec les mots « In hoc signo, vinces » : « Par ce signe, tu vaincras« . Dans la nuit, il voit en rêve saint Michel lui disant de dresser cette croix sur les bannières de ses légions, ce qu’il fait le lendemain, le 28 octobre 312, avant la bataille du Pont Milvius, près de Rome, au cours de laquelle il bat Maxence. Constantin s’allie ensuite à Licinius. Les deux envoient un message en Orient, à Maximin Daia, qui est prié de faire respecter l’édit de 311 dans ses provinces, ce qu’il fait rapidement.

En 313, Constantin et Licinius signent l’édit de Milan, qui reconnaît la liberté de religion à tous les sujets de l’empire, et qui restitue aux chrétiens tous les biens confisqués. C’est la Paix de l’Eglise, la reconnaissance officielle du christianisme.

Nous avons décidé d’accorder aux chrétiens et à tous les autres le libre choix de suivre la religion qu’ils voudraient de telle sorte que ce qu’il peut y avoir de divinité et de pouvoir céleste puisse nous être bienveillant, à nous et à tous ceux qui vivent sous notre autorité […]. Qu’à chacun soit accordée la liberté de donner son adhésion à cette religion qu’il estime lui être utile, de telle sorte que la divinité puisse nous fournir en toutes occasions sa providence habituelle et sa bienveillance.

Lettre impériale de Constantin envoyée à un gouverneur de province en 313 et rapportée par Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique

Dès lors, les chrétiens créent de plus en plus d’images, puis des lieux de culte officiels. Les premières églises construites sur le modèle des basiliques romaines se multiplient.

Basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome, construite en 324

En 380, le christianisme devient la religion officielle de l’Empire romain. Par l’Edit de Thessalonique, l’empereur Théodose interdit le polythéisme. Les temples païens sont détruits ou transformés en églises.

Tous les peuples doivent se rallier à la foi transmise aux Romains par l’apôtre Pierre, celle que reconnaissent le pontife Damase Ier et Pierre, l’évêque d’Alexandrie, c’est-à-dire la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit 

Edit de Thessalonique, 380

Le premier concile de Nicée (actuelle İznik, en Turquie) s’est tenu en 325 sur convocation de Constantin et sous les patriarcats de Sylvestre de Rome, d’Alexandre d’Alexandrie, d’Eustathe d’Antioche, d’Alexandre de Constantinople et de Macaire de Jérusalem. Il avait pour objectif de résoudre les problèmes qui divisaient alors les Églises d’Orient, problèmes disciplinaires et surtout problème dogmatique mis en évidence par la controverse entre Arius et son évêque Alexandre.

Il est suivi en 381 du concile de Constantinople contre la négation de la divinité du Saint-Esprit et contre les ariens. Il attribue le second rang à l’évêque de Constantinople après celui de Rome, reléguant celui d’Alexandrie au troisième rang.