Théorie du chaos 1/10 – Introduction

Théorie du chaos 1/10 – Introduction

Cette série d’articles consacrés à la théorie du chaos constitue la fiche de lecture du livre de James Gleick que j’ai rédigée en 2000 dans le cadre d’un 3ème cycle en organisation.

1.Introduction | 2.De la SA (science absolue) à la SARL (science à rationalité limitée) | 3.De l’ordre au chaos | 4.Le miroir : de l’ordre au chaos à l’ordre | 5.Du chaos à l’ordre | 6.Conclusion | 7.Compléments au livre de Gleick | 8.Glossaire | 9.Sommaire du livre


La notion de chaos a toujours intrigué les penseurs occidentaux. Par définition, le chaos était et demeure une situation qu’il nous faut éviter. Il est souvent associé au désordre, à la confusion et à l’anarchie.

Dans les années soixante-dix, une poignée de scientifiques américains et français,souvent sans se connaître entre eux, a commencé à s’intéresser à des problèmes de tous les jours qui étaient considérés depuis longtemps comme sans solution parce que complètement discontinus et désordonnés : comment se forment les nuages ? qu’est ce qui explique les variations météorologiques ? les arythmies cardiaques et les oscillations du cerveau obéissent-elles à des règles ? pourquoi et à quel moment l’écoulement de l’eau d’un robinet atteint-il son seuil de turbulence? qu’est-ce qui peut bien influer sur les volutes irrégulières d’une fumée de cigarette ? les variations de populations animales obéissent-elles à des lois ? des pannes intermittentes dans la transmission de signaux électroniques surviennent-elles uniquement par hasard ? etc.

Tous ces phénomènes dans lesquels on ne pouvait déceler a priori aucune logique ont progressivement été regroupés sous le terme de  » chaos « . Comme ils défiaient la méthode scientifique classique, les chercheurs les ont abordés avec des méthodes radicalement différentes : d’une part ils ont laissé vagabonder leur intuition et leur imagerie mentale, ne craignant pas d’inventer de nouvelles syntaxes, une sorte de mathématique visuelle s’attachant particulièrement à l’étude des formes ; d’autre part, ils se sont énormément servis des capacités de calcul itératif des ordinateurs et de leurs possibilités de représentations graphiques.

Par manque de communication entre les disciplines, les thèses des « chaoticiens » ont mis du temps à se fédérer pour obtenir leurs lettres de noblesse. Aujourd’hui,les « convertis » les plus passionnés présentent la théorie du chaos comme la troisième grande révolution de la physique après la relativité et la mécanique quantique.

En 1987, James Gleick, journaliste scientifique au New York Times, publie un livre intitulé « La théorie du chaos« , fondé sur un grand nombre d’interviews de savants, parmi lesquels Smale, Lorenz et Mandelbrot, et dans lequel il écrit que » où commence le chaos, s’arrête la science classique « .

La vidéo de David Louapre est très didactique :

Je vous conseille son livre « Mais qui a attrapé le bison de Higgs ? » dans lequel il répond à 20 questions scientifiques essentielles, et couvrant toutes les disciplines : de la physique, de la chimie, des mathématiques, de la biologie, et même un peu de sciences sociales !