Réalité parallèle

Réalité parallèle

La réalité dans laquelle nous sommes n’est peut-être pas la seule; il existerait d’autres réalités parallèles. Par exemple, alors que vous lisez cet article dans cette réalité, dans une autre réalité vous êtes en train de vous faire assassiner, dans une troisième vous avez gagné au Loto, dans une quatrième vous escaladez une montagne, etc. Il y aurait comme cela des milliers de réalités parallèles qui se répandraient en permanence comme les branches d’un arbre.

Mais au bout d’un certain temps, une voie de la réalité serait choisie, figée et les autres réalités s’évaporeraient. Il semblerait ici et maintenant que la réalité où vous êtes en train de lire ces lignes est celle qui a été choisie, durcie et fixée (par qui ? quand ? selon quels critères ?). Cela peut sembler complètement loufoque mais la physique quantique arrive à ces mêmes,conclusions.

Il est possible d’imaginer que le réel ne fait pas que s’écouler en avant, il peut aussi s’écouler sur les côtés (cf le chat de Schrödinger où la réalité « le chat est mort », côtoie la réalité « la chat est vivant ».

Une illustration de l’expérience dite du chat de Schrödinger.

C’est sans doute Anaximandre qui évoque en premier l’idée d’univers multiples, au VIe siècle av JC. Au XVI siècle, Giordano Bruno évoque, dans des textes d’une extraordinaire audace et clairvoyance, les « grands et spacieux mondes infinis ».

Le physicien soviétique Andrei Sakharov émit en 1967 l’hypothèse de l’existence d’un univers parallèle, où de manière symétrique l’antimatière prédominerait sur la matière. Cet univers jumeau serait symétrique par rapport au nôtre, c’est-à-dire que non seulement la matière y serait remplacée par l’antimatière, mais également la flèche du temps y serait renversée et serait géométriquement inversée par rapport au nôtre.

La relativité générale, notre théorie de l’espace-temps, montre que seuls trois types de géométries sont possibles en cosmologie :

  • la géométrie plane (géométrie euclidienne), par exemple un plan,
  • la géométrie à courbure positive (géométrie elliptique ou de Lobatchevski), par exemple la surface d’une sphère,
  • la géométrie à courbure négative (géométrie hyperbolique ou de Riemann), par exemple la surface d’une selle de cheval.

Dans le modèle cosmologique le plus simple, ces trois géométries correspondent aux trois destins possibles de l’univers :

  • une courbure positive de l’espace implique que l’expansion s’arrêtera et qu’il y aura contraction de l’univers,
  • une courbure négative implique que l’expansion ne s’arrêtera jamais,
  • une courbure nulle correspond à la situation intermédiaire, une expansion qui s’arrête après un temps infini.

On ne sait pas aujourd’hui lequel de ces trois types décrit effectivement notre univers. Mais il est intéressant de noter que dans les deux derniers types, l’espace est infini. Si donc l’espace est infini, cela signifie nécessairement que les univers y sont en nombre infini ! Et s’il existe en effet un nombre infini d’univers, tout ce qui est possible, c’est-à-dire compatible avec les lois de la physique, doit s’y produire, et même s’y produire une infinité de fois. Il doit donc, par exemple, exister une infinité de copies à l’identique de chacun d’entre nous.

L’autre grande théorie physique, la mécanique quantique, n’est pas en reste sur cette question des univers multiples. Les objets quantiques, généralement microscopiques, peuvent se trouver simultanément dans plusieurs états différents. Une situation que l’on ne rencontre évidemment jamais dans le monde macroscopique classique. L’interprétation commune consiste à supposer que lors de l’interaction du petit système quantique avec un imposant système classique, un état unique est sélectionné. Everett suppose que dans une telle interaction se créeraient une myriade d’univers, chacun correspondant à l’un des possibles de la physique quantique.

Le terme multivers désigne notre Univers ainsi que l’ensemble des univers possibles.

Escher réussit à transposer dans cet oeuvre la géométrie à courbure négative qui sous-tend la théorie de la relativité d’Einstein décrivant la naissance et l’évolution de l’Univers.

On sait que dès les premiers instants, notre Univers est en expansion, nommée « inflation » en 1979 par son premier théoricien, le physicien américain Alan Guth. Lorsqu’on regarde de plus près, l’inflation ne donne pas lieu à un Univers donné mais à une une infinité d’univers bulles découplés les uns des autres.

Lorsque l’on conjugue l’inflation avec la théorie des cordes, il émerge un multivers fascinant. Des bulles où non seulement les phénomènes seraient différents, mais également les lois physiques.

La théorie des boucles conduit, elle aussi, à une forme de multivers qui n’est ni spatial, ni parallèle mais temporel. Les mondes se succèdent les uns aux autres. Gardant, éventuellement, une furtive mémoire du cycle précédent. Un univers en rebond qui se contracte, puis se dilate. Une seule fois ou une infinité de fois, suivant la valeur des paramètres du modèle.