Circuit au Yémen du 17 nov au 4 déc 2006

Une carte du Yémen (1280x1076, 400 ko)

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Les rivages de l'Océan Indien

Bâtisseurs, cultivateurs, guerriers, les Yéménites sont aussi des hommes de la mer. Bordé par deux espaces marins, le pays s'est tourné dès l'antiquité vers le grand large. Ses ports, à l'image de Mokha et d'Aden, son tdevenus des noms mythiques auxquels se rattachent dans l'imaginaire une quantité d'histoires aventureuses. L'Océan Indien et la Mer Rouge sont donc deux espaces nourriciers majeurs dans lesquels le Yémen continue de plonger ses racines. La route qui va d'Aden à Al-Mukalla (650 km de long) traverse le territoire de l'ex-République démocratique populaire du Yémen qui était d'un accès difficile pour les touristes étrangers dans les 90's.

 

Bir Ali

525 km d'Aden, 125 km d'Al Mukalla, 700 km de Sana'a

Petit village de pêcheurs dans un site exceptionnel : plage de sable blanc coralien, eau chaude et cristalline , ...

A 3 km au sud du village, se situait l'antique Qana qui fut le port le plus important de l'Hadramaout (célèbre port de l'encens). Qana est déjà cité dans la Bible et l’on prétend que le roi Mélchior partit d’ici vers Béthléem. Quelques les ruines sont encore visibles, mais rien qui ne laisse imaginer l'importance du port autrefois.

 

Al Mukalla

300.000 habitants. 100 km de Bir Ali, 800 km de Sana'a.

Troisième port du Yémen et capitale régionale de l'Hadramaout, centre important de pêche et d'exportation de poissons et langoustes, Al Mukalla est une ville en plein essor. L'intérêt principal de la ville réside dans son vieux port et son actif marché aux poissons. Au souk, vente de fruits, d'épices mais aussi d'encens.

Les maisons peintes en blanc arborent de magnifiques portes sculptées et des bois finement ajourés au bas de leurs fenêtres. La mosquée d'Omar, avec son minaret octogonal, date du XIIe siècle.

Beau point de vue sur le port et la vieille ville en longeant la côte quelques centaines de mètres vers l'est.


Carnet de voyage

27/11
Aden, 6h30 : après un petit-déjeuner vite avalé à la sortie d’Aden, nous entamons la route par une zone désertique (petites dunes accrochées à des arbustes rabougris)

Zanzibar, 7h30 : les kilomètres qui précèdent la ville sont très verts (bananiers, papayers, …) ; après la ville, nos trois 4x4 sont regroupés avec quatre autres et escortés par la police ; à partir de là et jusqu’à Bir Ali, nous seront escortés par la police et/ou l’armée avec changement d’escortes toutes demi heures, dans les zones plus sensibles, une auto-mitrailleuse nous accompagne. De nouveau une zone désertique sans grand intérêt ; à droite l’océan indien, à gauche à l’horizon les montagnes.

Shuqra, 8h : l’erg est vert, les chameaux broutent, les abeilles butinent ; un peu plus loin, le sol devient noir, paysage volcanique, nous quittons l’océan pour l’intérieur des terres.

Mudiyah, 9h : nous traversons le village, lieu de l’enlèvement en 1998 de touristes par des islamistes qui s’est soldé par la mort de quatre d’entre eux ; les terres alentours sont cultivées par des clandestins somaliens qui vivent dans des cahutes faites de branches et de bâches bleues. 1000m d’altitude, de nouveau le désert ; de part et d’autre des pitons rocheux ; quelques bergers avec leurs troupeaux ; de ci de là des champs de mil.

10h30 : paysage désolé parsemé de quelques tâches de verdure (mil) ; notre convoi avance à une moyenne de 100 km/h sur une route qui n’en finit pas d’être droite. Dans les villages que nous traversons, les hommes portent tous une mitraillette en bandoulière. ; des hameaux sont plantés au milieu de nulle part sur un sol de cailloux noirs qui brulent au soleil.

11h : nous longeons un wadi où coule un ruisseau, les abords sont d’un vert pétant qui ressort au milieu du paysage décharné

11h15, km240 : une source d’eau chaude ; la route sinue entre les montagnes qui se sont rapprochées ; un mince filer d’eau coule au fond du wadi ; la roche est blanche ; la route emprunte une gorge entre les falaises de 200m de haut ; plus loin, les hauteurs s’estompent ; tout est grillé, les acacias sont secs ; la terre est recouverte d’écailles de pierre

12h15, km320 : plongée dans une cuvette rocheuse rougeâtre ; déjeuner à l’escale au milieu des chèvres et des hommes en arme. Deux heures d’arrêt pour cause de réparation d’un démarreur. Nos 4x4 ne sont pas de la première jeunesse : ils affichent au compteur une moyenne de 700.000 kms parcourus. L’itinéraire continue de filer dans la montagne.

14h30, km340 : traversée d’Habban, bâtisses en terre cuite avec un curieux vernis grisâtre ; une vieille forteresse accrochée à son piton rocheux n’en finit pas de tmber n ruines, elle fond littéralement au soleil ; un minaret blanc et au sommet vert dominent les maisons qui l’entourent

15h : les montagnes se referment sur la route qui perd de l’altitude

15h40, km432 : on traverse une plaine sablonneuse, à gauche dans le lointain une longue et imposante dune de sable blond, à droite une barrière montagneuse ; au milieu de cette savane aride, les gens de la région ont marqué avec des parpaings l’emplacement de leurs « futures » habitations. A l’horizon, on devine l’océan

16h30, km500 : la route traverse un paysage de dunettes fixées par des buissons qui s’étendent à perte de vue. Un peu plus loin, c’est un paysage lunaire que nous traversons ; nous descendons les flancs marron de la montagne ; au détour d’un virage l’Océan Indien s’offre à nous ; le soleil commence à se coucher. Les 4x4 font halte pour la nuit au bord d’une plage située à une dizaine de kms à l’ouest de Bir Ali. Au pied de la masse rocheuse qui surplombait l’antique port de Qana, cette plage déserte a été aménagée pour les touristes : quelques douches, une dizaine de paillotes ouvertes sur le devant face à l’océan … le paradis !

28/11
Réveil avec le soleil qui inonde l’intérieur de la paillotte et baignade matinale dans une eau couleur émeraude. Très vite, le soleil chauffe et nous prenons le petit-déj à l’ombre de la paillotte. Au moment du départ Jean-Pierre se fait une entorse terrible au pied que le patron de la plage tente de rebouter ; il poursuivra le voyage avec nous et nous appendrons à son retour en France qu’il s’agissait d’une double fracture tibia-péronné.
Direction le marché à la criée de Bir Ali où nous arrivons en même temps que les bateaux qui ramènent leur pêche de mérous, thons, dorades, espadons, requins, … Les scènes que nous vivons à ce moment là nos rappellent certaines émissions de Thalassa. Les bateaux accostent sur la plage à tour de rôle, les pêcheurs déchargent leur prise dans une brouette qui part immédiatement au marché couvert pour leur mise à prix ; les acheteurs en gros repartent avec leur petit camion frigorifique. Pendant ce temps ce sont des scènes truculentes qui se jouent sur la plage : qui embroche ses poissons sur un fil de fer pour mieux les transporter ; qui capture une mouette venue avec une dizaine d’autres pour manger les restes de poisson, qui répare son filet, qui tracte un bateau à terre avec une camionnette d’un autre âge, qui fait la course avec sa brouette pour être le premier à récupérer un nouvel arrivage de pêche…
Quelques kilomètres après Bir Ali, nos 4x4 nous arrêtent dans un paysage lunaire, nous grimpons sur un ancien volcan ; surprise en arrivant au bord du cratère, un lac d’eau de pluie s’est formé au fond de l’immense trou, sa couleur verte tranche avec la couleur bleue de l’océan. Du sommet nous avons une vue circulaire sur l’océan et son chapelet d’îles, le port de Bir Ali et l’intérieur des terres : plateaux sableux recouverts de pierres basaltiques et de cendres, montagnes lentement étouffées par le sable qui grimpent imperturbablement le long de leurs flancs. Le temps de prendre quelques photos et de redescendre, il est 11h et nous reprenons la route pour Al-Mukallah à une centaine de kilomètres. Un peu plus loin, nous retrouvons la côte, le paysage volcanique fait place à des dunes de sable blanc balayées par un vent violent qui obscurcit le ciel et recouvre la route de sable. Après une dizaine de kilomètres le vent tombe et nous traversons une grande plaine littorale sablonneuse. Pierres vertes de cuivre, marrons rougeâtres de fer, pierres noires volcaniques, grises, brunes ou ocres des montagnes, blancheur du sable, quelques touches de vert acacia : le paysage est grandiose ! Le long des 10 kilomètres qui précèdent Al-Mukallah, des pierres blanches sont posées sur des terrains vierges, signalant que des emplacements ont été réservés en vue d’une future construction. Nous arrivons à Al-Mukallah pour un déjeuner très copieux de poisson. Douche et sieste jusqu’à 16h, pendant les heures les plus chaudes de la journée, la vie s’arrête. Nous nous promenons dans la ville jusqu’au repas de 20h, un grand port de pèche, une ville cosmopolite (yéménites, africains, indiens, indonésiens, …) ; les maisons et immeubles d’une grande blancheur sont adossés à une barrière montagneuse sur la crête de laquelle sont plantées des tours de guet blanches. Ballade sur la jetée (2€ la tournée de boissons gazeuses pour 6 personnes, pas d’alcool). Al-Mukallah n’est pas une ville touristique, les gens d’ici ne sont pas habitués à voir des européens aussi nous ne passons pas inaperçus dans les rues ; on nous sollicite très facilement pour une photo, connaître notre nationalité ou notre prénom, … dans une ambiance bon enfant ; dans les souks, tout ce qui se vend est destiné à la population locale et les prix se marchandent peu. La consommation de qat est très limitée, toutes les femmes sont en noir et voilées, on devine dans leurs yeux une grande curiosité à notre égard ; la culture indienne est très présente dans la nourriture et les vêtements.

[à suivre]