Circuit au Yémen du 17 nov au 4 déc 2006

Une carte du Yémen (1280x1076, 400 ko)

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Les montagnes forteresses du Nord

A l'est de la Tihama - plaine côtière longue de 500 km et large de 50 qui borde la Mer Rouge - une chaîne de montagnes volcaniques (plateau de Kawkaban et djebels Harraz, Bura, Hajja, ...) traverse le Yémen du nord au sud. Elle culmine à 3660 m (An-Nabi Chu'Ayb, à 30 km à vol d'oiseau de Sana'a) et dépasse régulièrement les 3000 mètres.

Montagnes découpées, sommets piqués de villages, pentes sculptées de terrasses, profonds wadis à la végétation tropicale, ...

Le Harraz est sans conteste la région la plus pelle et la plus accueillante du Yémen. Sa renommée tient autant à la beauté de ses paysages qu'à celles des villages fortifiés accrochés aux pitons rocheux les plus inaccessibles. Leur architecture imposante répond à une double nécessité : assurer la défense des villageois tout en laissant un maximum de place aux cultures. Chaque ville est protégée comme un bastion ; les maisons forment elles-mêmes le rempart, muni d'une ou deux portes aisément défendables. Construites avec des matériaux, grès ou basalte, les maisons s'intègrent parfaitement aux paysages et il est difficile de discerner ou finit le roc et ou commence le village. La montagne est découpée en terrasses de quelques arpents ou de plusieurs hectares, bordées de murs parfois hauts de plusieurs mètres. Sur ces remarquables champs étagés poussent de la luzerne destinée au bétail, du millet, de forge, des lentilles, les grandes surfaces pour le café et bien sûr le qat.

 

Thula

3.000 habitants. Altitude 2700 m. 50 km de Sana'a.

Forteresse de grès ocre au pied d'un haut pilier rocheux, le village est considéré par beaucoup comme l'un des plus beaux villages du Yémen. Il est surmonté d'une citadelle datant du IIIe siècle et ceint depuis le XVe siècle d'un rempart de 2 000 m de long, 6 m de haut et 3 m de large possédant 26 tours de guet et 9 portes.

Environ 600 maisons toutes dans le même style, en grès ocre-orangé, hautes d'une vingtaine de mètres, vieilles de plus de 500 ans pour certaines, ornées de très belles frises à motifs géométriques donnent à l'ensemble une exceptionnelle unité rythmée par de nombreuses mosquées dont la plus grande remonte au XIIe siècle.

Le vieux souk traditionnel remonte une ruelle sinueuse qui serpente le long des pentes du village : ses 110 minuscules échoppes ont conservées leurs portes en bois sculptées; certaines portent la croix de David, preuve de la présence d'une ancienne colonie juive. L'eau est encore présente avec deux grands bassins et Un énorme hammam qui remonterait au XVe siècle.

 

Hababa

Ce village, situé à une demi-heure de marche de Thula, servait d'escale aux caravanes entre Shibam et Thula. Il est très connu pour sa citerne ovale et les hautes maisons qui la bordent; à l'heure de la prière, les hommes y font leurs ablutions tandis que les femmes et les enfants y remplissent bidons et autres récipients.

 

Shibam

Altitude 2500 m. 50 km de Sana'a et 12 km de Thula. Marché le vendredi. Ne pas confondre la Shibam du nord avec celle de l'Hadramaout.

La partie ancienne du village est fermée par un vieux portail en bois recouvert de métal qui donne sur l'ancien souk à l'abandon. Les échoppes y sont minuscules, fermées par des volets en bois et protégées par un péristyle aux superbes colonnes en pierre gravées d'inscriptions sabéennes.

La rue du souk monte vers la Grande Mosquée du IXe siècle, une des plus anciennes au Yémen. La falaise contre laquelle s'adosse Shibam est creusée de grottes troglodytes dont certaines encore habitées. Un sentier pavé conduit en 1 heure de marche au village de Kawkaban qui surplombe Shibam de 350 mètres.

 

Kawkaban

Cette bourgade à 3000 m d'altitude a été construite sur toute la langue de montagne qui surplombe de 350 mètres la ville de Shibam située au pied du djebel. Fief des Zaïdites (courant chiite) depuis le XIIe, Kawkaban accueillait les habitants de Shibam en temps de guerre.

Le panorama sur les champs environnants et la vieille ville basse de Shibam est superbe.

 

Bokour

A l'est de Kawkaban, une piste conduit en 2 heures de 4X4 à Bokour, un des sites les plus saisissants du Yémen. Bokour est un véritable nid d'aigle dont les ruines se repèrent à des kilomètres par beau temps. Ici, les montagnards ont mis au point des techniques très ingénieuses pour essayer de pratiquer l'agriculture sur ce plateau rocailleux : ils amassent les excréments des animaux dans de minuscules petits enclos circulaires de quelques mètres de diamètre, entourés de pierres.

 

At Tawilah

Altitude 2700 m. 35 km de Shibam. Marché le vendredi et le dimanche.

Le village se situe au creux de 4 pics couverts de terrasses. On y trouve des gommiers arabiques dont la sève est utilisée pour la fabrication de la gomme arabique. Son souk est remarquable par ses arcades qui bordent ses ruelles et par l’étroitesse de ses boutiques.

Points d'intérêt :
- la dizaine d'habitation posées comme des nids sur les avancées sortant des pitons rocheux,
- la vue offerte par la mosquée et son minaret se découpant sur fond de montagne,
- la vue sur le village depuis le pied des 4 pitons rocheux,
- la vue sur la vallée du wadi La'a et, au loin vers le nord-est, sur le village perché de Bokour depuis les terrasses qui se trouvent quelques centaines de mètres après le village en se dirigeant vers l'ouest.

 

Manakha

Altitude 2200 m. 100 km de Sana'a. Marché tous les jours (grand marché le dimanche).

Au coeur du djebel Harraz, Manakha est le carrefour économique de la région. L'architecture locale se distingue par la variété des couleurs des matériaux de constructions : grès vert ou rose, basalte noir,... utilisés avec harmonie. Les maisons s'étalent sur plusieurs niveaux le long des pentes qui entourent le village : les fenêtres en ogives à vitraux sont surmontées d'auvents en bois, les murs et le pourtour des ouvertures sont badigeonnés de motifs géométriques blancs sensés conjurer le mauvais sort.

Une marche de deux heures mènent au village de Bayt Al Amir

 

Al Hajjarah

2500 habitants. Altitude 2300 m.

Accroché au sommet d'une montagne, le vieux village du XIIe siècle, un des plus beaux du Harraz, est entouré de remparts. Ses hautes maisons sont érigées à même le rocher et sans fondations; le calcaire sert généralement pour le soubassement et les grès rose, vert et ocre pour la construction des maisons. Les arcs des fenêtres sont parfois façonnés avec de l'albatre.

 

Al-Hoteyb

Lieu saint des Ismaéliens, Al-Hoteyb est situé à quelques kilomètres au-dessus de Manakha. Le village est construit sur une plateforme de grès rouge, face à un splendide panorama de buttes sur lesquelles s'étagent une vingtaine de villages. Au pied d'un piton rocheux, coiffé d'une mosquée, des eucalyptus abritent quelques maisons et le mausolée d'un saint du XIIe où viennent se recueillir des Bohras venus d'Inde, du Sri Lanka, de Singapour et de Madagascar. Le sentier vertigineux qui surplombe le village offre une vue superbe.


Carnet de voyage

19/11
8h, nous quittons Sana’a en 4x4. Paysages grandioses : amas de rochers, terrasses, champs de qat : toute une symphonie de couleurs, de contrastes. Nous remontons le wadi Dhar et passons une grande partie de la matinée à visiter Dhar Al Hajjar, l’ancien palais d’été que l’iman Yahyaa fait construire dans les années 20 sur un piton rocheux. Après cette visite, la route s’élève très vite sur un haut plateau pour atteindre Thula vers midi pour une visite un peu trop rapide : les pierres des maisons sont jointées entre elles sans mortier. De belles fenêtres ! On est sans cesse abordés par des commerçants venus de Sana’a pour vendre tissus et bijoux. Arrivé à Shibam vers 13h30 : repas yéménite dans une grande salle rectangulaire où nous mangeons assis sur des coussins. Ma première séance de qat (1h) aura pour effet le soir venu un manque d’appétit et un peu de morosité ; elle aura permis en revanche de me rapprocher de notre guide et des chauffeurs pour qui le qat est un moment de convivialité dans leur vie quotidienne. Départ en 4x4 pour Kawkaban sur la falaise qui surplombe Shibam. Quelques habitants s’accrochent aux ruines du vieux village. Petit réservoir d’eau entouré de vendeurs de bijoux présentés sur des planches en bois sur des brouettes. Vue plongeante sur Shibam 300 mètres plus bas. Descente d’une petite heure à pied. On craint un petit peu pour l’hébergement du soir car Shibam croule sous la saleté et la misère. Des familles vivent dans les grottes à proximité du compresseur qui envoie l’eau à Kawkaban : bruit, gasoil, fumée du moteur diesel, … un gamin vient vers nous les pieds dans l’eau, tremblant de froid : on voudrait tant le réchauffer ! Il reste dans son monde et nous dans le notre … Situé à l’entrée sud de Shibam, le Hanida Tourist Hotel est comparativement très luxueux. Repas yéménite montagnard : riz, pois chiches, flageolets, œufs, tomates, lamelles de foie. Après le repas, extinction des feux (les pannes d’électricité sont fréquentes dans les régions d montagnes) et l’on plonge dans le sommeil du juste !

20/11
Petit dej sucré cette fois-ci : genre de beignets au miel, trop bon ! Départ en 4x4 à 8h pour le plateau de Kawkaban sur une piste très pierreuses d’abord puis pour une marche de 5h dans le wadi Rezouane. Epoustouflant : paysages à couper le souffle, sortis d’un album, cultures en terrasses : contreforts, coteaux et plateaux sculptés, des tonnes de pierres charriées pour dégager des lopins de terre, champs de blé, d’orge et de mil mais aussi de qat. La brume du matin stationne entre les montagnes en remontant les vallées, les crêtes en ligne des sommets s’affichent en plans successifs, ombres diaphanes et figées. Nous plongeons au fond du wadi, canyons de pierres où coule parfois un mince filet d’eau, falaise de grès sombre sur lesquels se détachent un homme et son âne croulant sous une montagne d’herbe, femmes en noir portant des branchages sur leur tête. Baduga, porte d’entrée du wadi Rezouane : des fillettes voilées gardent leur troupeau de chèvres, un groupe de garçons nous accompagne tout au long du sentier qui mène au fond du wadi. Le fond du wadi est tapissé de vert, surtout du qat ( !), nous sillonnons entre les terrasses, traversons de minuscules hameaux, croisons en chemin des gamins ; leurs habits sont rapiécés, recousus, élimés, tâchés, mais pour autant ils n’inspirent pas la compassion : ce sont des petits malins déjà armés pour se défendre. Une femme nous offre une galette de pain qu’elle vient de faire, … juste pour le plaisir d’échanger quelques mots, pour l’hospitalité et rien d’autre ! Les mots nous manquent, Choukran ! Un peu plus loin, des hommes taillent des blocs de pierre pour refaire une terrasse, un vieil homme demande à être photographié avec ses petits-enfants. Sur les pointes rocheuses qui nous entourent (3000m) se dressent des maisons-tours, elles se confondent avec la roche … mais comment sont-elles arrivées là-haut ? Les yéménites sont de vrais bâtisseurs. Pique-nique dans les rochers, au fond du wadi une tache d’herbe verte, coin de fraicheur dans ce paysage écrasé de soleil. Nous repartons peu après ; au détour d’un col, une plaine immense s’ouvre devant nous. Les 4x4 nous attendent au village d’Al Ahjur, au cœur d’une région qui produit un qat de bonne qualité et que nos chauffeurs chiquent à qui-mieux-mieux. Retour à Shibam, pause-thé avant de repartir pour Hababa, à une demi-heure de route : très joli village, mais là aussi beaucoup de crasse (sachets plastiques, vestiges de conditionnement, …) et un magnifique bassin avec un endroit aménagé pour les ablutions ! Une femme vient puiser de l’eau pour sa lessive, un vieil homme retire les algues du bassin à l’aide d’une longue perche. Un homme âgé s’assoit à coté de moi pour me demander ce que regarde : je lui montre les fenêtres, les façades : il semble étonné. Très vite, il me demande combien j’ai d’enfants : 2 ! il repousse sa main d’un geste désapprobateur, ce n’est rien du tout, lui montre deux fois ses dix doigts très fier ! Décalage mais cette envie de communiquer est bien présente : quel espoir ! 17h, retour à l’hôtel où entre plusieurs coupures de courant nous attendons 19h30, l’heure du repas.

21/11
Départ de Shibam en direction d’Hababa, la vallée se ferme autour de nous, nos 4x4 grimpent une route taillée dans la montagne et quelques 500m plus haut s’arrêtent près des ruines du village de Zakatin, un nid d’aigle perché sur des à-pics rocheux. Imaginez un cube de 50x30m à la base et de 50m de haut posé sur une pointe rocheuse entourée de vide, un enchevêtrement de maisons de pierre sculptées dans la roche empilées les unes sur les autres. Les habitants ont quitté leurs habitations ancestrales qui servent désormais de greniers à céréales et se sont déplacés dans un nouveau village quelques centaines de mètres en arrière de la falaise ; une famille y vit encore et surveille les greniers. Moment de tension lorsqu’un vieil homme sans âge venu déposer des graines dans son grenier s’approprie le droit d’entrée au détriment du gardien du lieu ; son petit-fils nous guidera dans ce dédale en 3 dimensions jusqu’à la terrasse sommitale qui offre une vue 360° sur les plateaux et les vallées des alentours. Le soleil du matin est déjà haut dans le ciel, des rapaces tournent autour de nous cherchant des bulles d’air chaud pour mieux s’élever dans le ciel. Nous repartons par une piste caillouteuse vers Bokour et son rocher mille fois photographié : une avancée rocheuse au-dessus de mille mètres de vide ! Séquence photo ! La montagne est entièrement sculptée de terrasses qui ressemblent à des escaliers géants, le moindre espace libre est cultivé ; quelques terrasses sont encore vertes. Les nuages remontent inlassablement du fond de la vallée pour former d’énorme cumulus blancs. Nous entamons une marche de 3h en direction d’At Tawilah, descente à pied au milieu des blocs de pierre ; çà et là, un hameau ; nous sommes au milieu de nulle part et pourtant, la montagne est partout animée : des femmes voilées remontent sur le plateau en portant sur la tête des ballots d’herbe, des bergers surveillent leurs troupeaux de chèvres, des enfants s’interpellent d’un versant à l’autre de la montagne, … Arrivés dans le fond de la vallée, nous empruntons à pied une piste qui surplombe les terrasses. Arrêt pique-nique dans la brume au milieu des terrasses où nous attendent les 4x4 qui nous amènent quelques kms plus loin à At Tawilah, village adossé à la montagne. Contre un billet vert de 1000 rials, un homme nous amène sur la terrasse de sa maison qui domine la place du village, autour de nous d’autres maisons-tours serrées les unes contre les autres. Le rez-de-chaussée de la maison sert d’étable pour le bétail, il est plongé dans le noir car sans fenêtre ; un escalier intérieur mène aux étages supérieurs, le 1er sert de réserve et de débarras, les 2ème, 3ème et 4ème étages servent de salles d’habitation et à coucher (la cuisine est à l’avant-dernier étage) et au dernier étage se trouve le mafradge, la plus belle pièce réservée au chef de la maison (télé, pipe à eau, crachoir pour les séances de qat, niches dans les murs pour les livres et les habits, fenêtre ouvertes sur les 4 côtés). Omar notre guide nous emmène sur le piton rocheux qui surplombe le village de 200m ; arrivés au sommet, les chants des muezzins s’élèvent jusqu’à nous … moment magique ! Redescendus au village, nous déambulons dans les ruelles. Comme dans tous les villages déjà traversés, les plastiques ménagers s’entassent un peu partout, les égouts à ciel ouvert dégagent des relents de puanteur, … le contraste avec la beauté des paysages et des habitations est fort. L’écologie n’est pas une priorité ; en revanche tous les gamins connaissent les noms des joueurs de l’équipe de France de football et celui du président Chirac : un vrai laisser-passer pour le touriste français. Comme tous les jours les hommes sont obnubilés par la qat ; un vrai fléau qui les avachit et les rend plutôt moroses. 1000 rials le bouquet journalier pour un salaire moyen mensuel de 30.000 rials !!! Sans parler de la catastrophe économique : les champs de café sont arrachés pour être remplacés par le qat, plus rentable ! Sur la route qui nous amènent à Shibam, nos chauffeurs « broutent » les jeunes pousses de qat jetant par la fenêtre les branchages et autres feuilles de moindre qualité. La journée se terminera dans la madradge de l’hôtel avec nos amis yéménites à parler politique, religion, écologie, relation homme-femme, …

22/11
Matinée de route jusqu’à Manakha ; nombreux arrêts photo, plein d’essence et de qat. Redescendus à 1500m d’altitude, la température monte très vite et laisse augurer de la suite (Mer Rouge). Partout dans les champs, les hommes labourent à l’aide de bœufs et d’ânes avec des charrues rudimentaires. Nous longeons le plus haut sommet du Yémen. De nombreux rochers, des pans entiers de collines sont graffités de dessins représentatifs des deux grandes tendances politiques : le cheval pour le pouvoir en place et le soleil pour le principal parti d’opposition. Nous sommes heureux de remonter sur les hauteurs, Manakha et les villages alentours sont les plus hauts du Yémen. Arrivés à l’hôtel vers midi, déjeuner, sieste jusqu’à 15h, … les qamariyas (fenêtres traditionnelles en forme de demi-lune, faites en plâtre et en verre bleu, vert, jaune et rouge) projettent dans la chambre des halots multicolores au sol et sur les murs. Mais très vite, le temps se gâte, les nuages gonflés d’eau s’accumulent sur les hauteurs. Après une heure de marche au milieu des terrasses, les nuages se vident sur nos têtes ; sur la route du retour, le brouillard est tellement dense que notre 4x4 évite de justesse de passer dans l’en-but d’un stade de foot que traverse la route. Nous rentrons trempés à l’hôtel pour un thé réparateur que nous dégustons dans la semi-obscurité (coupure d’électricité due à l’orage). Dans les salons à qat, les hommes broutent, mastiquent, ruminent jusqu’à avoir une grosse boule compacte qui gonfle la joue de façon parfois hallucinante ; une poignée de feuilles, une bouffée de cigarette, l’un augmentant l’effet de l’autre ; nos chauffeurs sont hagards. Notre guide nous vante les effets positifs du qat comme de stimuler la pensée, développer la force physique et diminuer la sensation de fatigue ; certes, mais à voir les hommes se mettre en chasse dès l’aube de leur dose quotidienne, j’ai plutôt l’impression qu’il s’agit d’une drogue dont ils sont dépendants. Après un repas copieux, les clients de l’hôtel, touristes, guides et chauffeurs, sont conviés à une soirée danse, musique et chant par la famille Al-Hajel qui tient le Al-Hallarah Tourist Hotel ; les fils jouent des percussions et du luth pendant que le père danse. Nous terminons la soirée vautrés sur des coussins entre qat et narguilé, luth et percussions à regarder les hommes danser la « Bara » avec leur jambyas au poing.

23/11
Départ 7h, les 4x4 nous amènent à Al-Hoteib à une dizaine de kms de Manakha ; de nombreux indiens et indonésiens y sont venus en pèlerinage. Les points de vue sur les vallées environnantes sont à couper le souffle. Nous grimpons sur le pic montagneux qui surplombe le village. Une fois redescendus, nous entamons une marche de 3h dans la montagne jusqu’au sommet du djebel Nassar (2700m). Devant nous, le Gabal Shoukrof est la dernière montagne avant la Tihama. Le vieux village du djebel Shibam, accroché au bord de la falaise, est encore habité par quelques familles, nombreux sont ceux qui sont partis à Sana’a. La traversée de ces villages est un retour de plusieurs siècles en arrière. Nous descendons vers Al Hajjarah par un sentier qui surplombe Kahel, village ismaélien du XIe siècle (photo de couverture du Petit Futé). Le déjeuner au Husn Al-Hajjarah Tourist Hotel (le seul) est un festin ; le repas terminé, nous visitons le village d’Al Hajjarah niché sur une colline ; de nombreux habitants nous harcèlent pour vendre des babioles. Nouvelle plongée au Moyen-Age dans les ruelles étroites du village ! Retour à Manakha vers 16h, thé, douche, lecture, écriture jusqu’au repas de 19h. Nous apprenons qu’un de nos chauffeurs a du retourner à Sana’a pour un problème de santé (qat !!!) ; son fils le remplacera. Nouvelle soirée musicale dans une ambiance montagnarde : envoûtant !

[à suivre]