Xinjiang 新疆


Dunhuang


Turfan


Urumqi

Le Xinjiang
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Le Xinjiang ('Nouvelles Marches') est la région la plus occidentale de la Chine, il couvre 1,7 millions de km2, c’est à dire un sixième du territoire de la Chine, soit trois fois l’étendue de la France. Sur 5400 km, il a des frontières communes avec la Mongolie, le Kazakhstan, la Kirghizie, l’Ouzbékistan, le Tadjiskistan, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde, il jouxte les provinces chinoises du Tibet, du Qinghai et du Gansu. Le Xinjiang comprend le point le plus bas de Chine (la dépression de Turfan) de même que certaines des cimes les plus élevées, dans les Monts Tian Shan. Au Xinjiang, les hivers sont glacés et les étés brûlants;

Le Xinjiang était anciennement appelé Turkestan oriental ou Turkestan chinois. Ces appellations sont encore parfois utilisées, notamment par les indépendantistes. Le Xinjiang a été un territoire interdit aux voyageurs jusqu'à la dernière décennie du XIXe siècle. Jusqu'à l'ouverture de la route maritime de la soie au IXe siècle, les communications s'effectuaient par voie terrestre, le Xinjiang étant le seul passage entre la Chine et l'Asie centrale.

Carte Générale Carte relief

Les paysages sont très variés : paturages de montagne, forêts de pins, déserts de dunes, cimes déchiquetées recouvertes de glace, lacs d’eau douce et pure et lacs d’eau salée. La province est divisée en deux régions géographiquement distinctes, séparées par les Monts Célestes (Tian Shan). Au nord s’étend le bassin de Junggar au climat semi aride, dont les prairies et les marécages sont drainés par les rivières Manas et Ulungur qui se jettent dans les lacs du même nom. Ici, le mode de vie dominant est celui des bergers nomades. Au sud s’étend le bassin du Tarim dont les oasis agricoles entourent le désert de Taklamakan.

Bien qu'il soit situé au coeur de l'Asie, le Xinjiang est une région périphérique placée à la croisée d'empires sédentaires. Il entre dans l'orbite chinoise lorsque, à la fin du IIe siècle avant notre ère, les souverains Han, désireux d'écarter la menace des nomades Xiongnu, entreprennent la conquête du bassin du Tarim. Le Xinjiang devient la terre d'exil des garnisons chinoises, une "nouvelle frontière" interface entre les civilisations nomades et sédentaires. En relation avec l'Occident gréco-romain, l'Inde, la Perse, l'Orient chinois et le monde des steppes, le Xinjiang acquiert au début de notre ère, une nouvelle identité issue du brassage de courants politiques et religieux; Il devient une région d’une grande importance stratégique après l’ouverture de la Route de la Soie. Dès lors, la Chine tenta d’y assurer sa souveraineté autant que possible. Il est intégré à l'empire chinois en 1759. En 1911, alors que le pouvoir impérial est renversé par les nationalistes, les Ouïghours se soulèvent en 1933 puis en 1944. Ils réussissent à mettre en place la République du Turkestan oriental, entre 1944 et 1949.

Vidéo CCTV

D’une population de 20 millions d’habitants en 2004, le Xinjiang rassemble treize nationalités : ouïghour (45%), han (41%), kazakh (7%), hui (5%), kirghiz (0,9%), mongol (0,8%), tadjik (0,2%) ... Une grande partie des ressources minières de la Chine se trouve dans cette région qui possède du pétrole, du fer, du charbon, de l’or, de l’argent, de l’antimoine, du cuivre et du jade. La bordure sud du Taklamakan est une zone d’essai d’armes nucléaires et plusieurs centrales nucléaires y ont été établies avec l’aide de la France et des Etats-Unis.

Carte des peuples du Xinjiang Carte des peuples de l'Asie centrale

 

Les Ouïghours
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Les 8 millions d’ouïghours (signifie 'unis' ou 'alliés'.) représentent la moitié de la population du Xinjiang et se répartissent inégalement au nord et au sud du Taklamakan; ils se concentrent sur Kachgar, Hotan et Aksu, au sud des Monts Tian Shan. Ils sont issus d'un peuple turc, groupe nomade qui pénètre dans le nord de la Chine au IIIe siècle avant notre ère. Après avoir fait partie de l'empire des Turcs orientaux, ils instaurent une hégémonie sur la Mongolie et la Haute Asie en 744. L'empire ouïghour s'effondre en 840 avec l'irruption des Kirghiz (peuple turco-mongol). Réfugiés en Chine, ils fondent des royaumes dans le Gansu et dans l'actuel Xinjiang.

Ils en vinrent à contrôler les routes commerciales, fournissaient les chinois en chevaux et fondèrent des royaumes indépendants. Abandonnant leurs croyances chamaniques, ils adoptèrent d’abord le manichéisme puis le bouddhisme et finalement l’islam au Xe siècle. Ils influencèrent profondément la politique, l’économie et la culture des Mongols et leur alphabet fut adopté comme base de la langue écrite mongole. Après la chute de la dynastie mongole des Yuan en Chine, le Xinjiang se divisa en plusieurs khanats souvent en guerre les uns contre les autres. Les chinois reprirent le contrôle de la région au XVIIIe siècle.

En 1862 éclata la rébellion musulmane conduite par Yakub Bag, qui se disait descendant de Tamerlan. Ayant chassé les chinois de Kashgar, il s’y proclama souverain de la Kashgarie en 1867 puis partit à la conquête de tout le Xinjiang, s’emparant d’Urumqi, Turfan et Ham. Sa dictature fut ponctuée de massacres sanglants, de viols et de pillages; aussi, de nombreux musulmans ressentaient autant d’aversion pour lui que pour les chinois. Il signa des traités avec les Britanniques et les Russes mais fut défait en 1877 par les Chinois qui reprirent le contrôle du Xinjiang. Dans les années 50-60, le gouvernement communiste établit par la force au Xinjiang des familles de chinois Han.

Les habitations carrées des ouïghours, construites en brique de terre sèchée, sont spacieuses et confortables, les chambres sont chauffées en hiver par un kang de briques, une plate-forme où l’on dort en commun; il est toujours recouvert de tapis de laine ou de feutre aux couleurs éclatantes, comme le sont les murs qui sont creusés de niches pour y déposer nourriture et objets. Les villageois utilisent les toits plats des maisons pour sécher des semences de melon ou de céréales. Les nombreuses familles qui possèdent des vignobles utilisent une chambre ouverte, aux briques ajourées, sur le toit ou près de la maison pour y sécher le raisin. La cour ouverte est souvent ombragée par de la vigne grimpante et, dans la chaleur intense de la journée, on s’y étale en famille.

La majorité des ouïghours cultivent des champs de blé, de maïs, des légumes et des melons, des vergers d’abricots, de pêches, de poires et de prunes, et possèdent des vignobles. Nombreux ont comme activité secondaire la production de la soie et la confection de tapis. Dans les villes, ils sont commerçants, restaurateurs, ouvriers d’usine ou fonctionnaires.

On porte encore l’habit traditionnel ouïghour dans les villes de Turfan, Kucha et Kashgar. Les hommes portent des manteaux trois-quarts, serrés à la taille sur des pantalons enfilés dans de hautes bottes de cuir. Les femmes s’habillent de longues robes amples, bariolées de couleurs et faites souvent de soie, tissée à la maison, tout celà accompagné de lourds bas bruns. La plupart des femmes se couvrent la tête d’un foulard ou d’un bonnet carré, brodé et de couleur vive. Ces bonnets de velours sont souvent ornés de perles et brodés de fils d’or.

Les Tadjiks
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La province du Xinjiang compte près de 40.000 Tadjiks qui vivent dans la région de Tashkorgan, à la frontière du Tadjiskistan et du Pakistan, sur leurs terres traditionnelles du Pamir et du Karakoram. De souche indo-européenne, ils parlent une langue proche du persan. A la différence des autres tadjiks qui sont musulmans sunnites, ils sont de religion ismaélienne, une branche de l'islam chiite qui vénère comme un dieu vivant l'Aga Khan; ils n'utilisent pas de mosquées et ne possèdent pas non plus de réelle structure cléricale. Ces Tadjiks vivent de l'agriculture et de l'élevage, dans des villages aux petites maisons de pierre et de pisé. Au printemps, ils sèment de l'orge et du blé et font pousser quelques légumes entre 2000 et 3000m d'altitude. Dès qu'arrive l'été, ils mènent leurs troupeaux de moutons, de chèvres et de yaks, dans des hautes vallées d'alpage, entre 4000 et 5000m d'altitude, pour les engraisser, faire provision de beurre et de fromage, avant de redescendre une fois l'automne venu, dans leurs villages.

Le costume traditionnel masculin se compose d'un lourd manteau matelassé noué par une large ceinture maintenant un poignard dans son fourreau, et d'une toque noire brodée. Les femmes se distinguent par leurs longues robes bigarrées avec une écharpe assortie, des pantalons rayés et des pantoufles brillantes.

Outre le Tadjiskistan (4,5 millions de tadjiks), les tadjiks sont également installés an Afghanistan (3,5 millions), Ouzbékistan (630.000) et Kazakhstan (100.000).

Les Kirghizes
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La province du Xinjiang compte plus de 150.000 Kirghizes. Ils y ont trouvé refuge, dans les régions du Pamir et du Karakoram, la première vague au XIXe pour échapper à la colonisation russe et la deuxième à la collectivisation soviétique. Ici, ils migrent sur les hauts pâturages situés autour du massif du K2, du Muztagh Ata et du Kongur (7720m), où leurs communautés côtoient fréquemment celles des Tadjiks.Chaque clan est dirigé par un chef qui est choisi par le groupe pour ses mérites personnels. C'est une société patriarcal qui respecte ses racines turques, nomades et chamaniques, très proches de la nature.

Les hommes portent une toque en feutre blanc généralement orné de glands. L'hiver, les anciens enfilent un long manteau en peau de mouton et un chapeau rond doublé de fourrure.

Outre le Kirghistan (3 millions de kirghizes), les kirghizes sont également installés au Tadjikistan (300.000) et en Ouzbékistan (180.000).

Les Kazakhs
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Plus de 2 millions de Kazakhs vivent en Chine. La plupart ont des traits mongoloïdes semblables à ceux des Kirguizes. La majorité portent des vêtements occidentaux ou russes. Certains hommes continuent d'arborer des chemises et pantalons amples, des vestes sans manche et des tuniques en laine. Etant à la lisière géographique du monde musulman, ils adhèrent à l'islam d'une manière assez souple.

Outre le Kazakhstan (10 millions), les kazakhs sont également installés en Ouzbékistan (2.200.000), Russie (1.300.000), Mongolie (300.000), Turkménistan (100.000), Kirghizie (60.000) et Tadjikistan (10.000).

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