Tragédie cathare


 

Contexte social et politique Imprimer la page

A la fin du XIIe siècle, de grand états structurent théoriquement le continent européen : royaume de France, royaume d’Angleterre, Saint Empire Romain Germanique, Empire Byzantin. Ces grandes unités sont en fait constituées d’une multitude de domaines plus ou moins indépendants. L’Europe garde le souvenir et la nostalgie de l’empire romain et de celui de Charlemagne : elle a conscience d’une unité perdue.

Depuis le XIe siècle, l’Europe occidentale est en pleine expansion : la population s’accroît (50 millions d’habitants, dont 15 millions en France), l’économie redémarre, les échanges culturels se multiplient, les premières universités voient le jour.

 

La ville

Dans la ville, les marchands ont pris le pouvoir. Ils ont créé des municipalités dont ils ont pris la tête, discutant d’égal à égal avec le pouvoir seigneurial. Ces conseils sont composés d’échevins dans le Nord de la France et de consuls dans le Sud.

La ville est entourée de remparts qui forment une protection en cas d’attaque. Les nouveaux habitants s’installent hors du rempart, dans des quartiers neufs, les faubourgs. Les rues sont étroites et sinueuses, sans égout, ni trottoir, en terre battue; les ordures s’entassent et sont fouillées par de nombreux animaux. Les maisons sont serrées autour des églises ou du château ; elles sont construites en bois (colombage) ou en torchis (mélange boue - paille).

La campagne

Neuf européens sur dix habitent la campagne. Ils peuplent 100.000 villages isolés les uns des autres par des friches et des forêts.

Le paysan ne sait ni lire, ni écrire. Il n’a souvent qu’un seul vêtement pour toute sa vie. L’hiver il s’entoure les pieds de paille et de chiffons, l’été il marche pieds nus. Qu’il soit serf ou vilain (propriétaire d’un lopin de terre), il est lié à son seigneur à titre héréditaire. Une mauvaise alimentation, la rigueur du climat, le dureté des travaux en font un être rebutant. Il meurt jeune, un vieillard a la cinquantaine.

En bas de l’échelle sociale, les ribauds, les routiers. Issus de la misère, ils sévissent en ville et dans les campagnes. C’est parmi eux que les seigneurs recrutent pour la guerre (la piétaille).

 

Le seigneur

Chaque fief est dirigé par un petit seigneur – le vassal – plus ou moins inféodé à un seigneur plus puissant – le suzerain. Selon l’important du fief, son château va de la simple tour de guet au donjon fortifié.

Par le jeu des mariages et des alliances, un vassal peut avoir plusieurs suzerains. Les principaux suzerains occitans sont : Raymond VI comte de Toulouse, Raymond Roger Trencavel vicomte de Béziers et de Carcassonne, Pierre II comte de Barcelone et roi d’Aragon, les comtes de Foix, de Comminges, de Béarn. Suzerain d’un côté, Raymond VI est également le vassal du roi de France, de l’empereur d’Allemagne, du roi d’Aragon et du roi d’Angleterre ; de ce fait il est sous la protection de tout le monde.

Les comtés occitans ne sont pas des Etats féodaux centralisés. Les seigneurs vassaux des comtes sont quasi maîtres chez eux. C'est une petite noblesse rurale et anticléricale qui se montre, dames en tête, le premier et le plus ferme soutien du christianisme cathare.

Plus proche de la Renaissance que le Nord, le Sud est plus évolué dans de nombreux domaines. Ceci est du principalement à la proximité de la Méditerranée, source d’échanges commerciaux et culturels. La plupart des petits seigneurs ruraux savent lire et écrire. On y parle une langue romane, la langue d’oc. Depuis le milieu du XIe siècle, cette région a vu se développer un brillant mouvement littéraire : la poésie des troubadours, qui est à l’origine de la poésie européenne moderne.


L’Eglise

Dans la société du Moyen-Age, l’Eglise joue un rôle très important. Rêvant de puissance et de suprématie, elle entretient une terreur spirituelle basée sur le postulat d’une vie meilleure après la mort à condition de s’être empoisonné la vie en suivant de divins principes. L’excommunication et l'interdit sont les armes absolues.

Dans le Sud, la population ne cautionne plus une église dont certains ministres s’adonnent sans retenue à la boisson, au jeu, à la luxure, à l’usure, … L’effort des frères prêcheurs sera vain et une grande partie de la population se tournera vers une religion plus ascétique et rigoureuse : le catharisme.

Craignant la concurrence, l’église va lâcher ses armées d’inquisiteurs sur ceux qui ne pensent pas comme elle allant jusqu’à déterrer les morts pour les brûler. Ce sera un véritable génocide.

 

 

L’armée

Durant le Moyen Âge, la guerre constitue le principal moyen de résolution des différends entre seigneuries, duchés, villes et royaumes. Chaque seigneur dispose de sa propre armée, composée des vassaux et de leurs hommes, et des chevaliers lourdement armés, accompagnés de leurs écuyers et pages.

Chaque vassal doit une aide militaire à son suzerain limitée à 40 jours (la quarantaine). Ce service d'ost ne peut être exigé qu'une seule fois l'an.

Les deux fractions qui composent l'ost : chevaliers (riches à cheval) et routiers (pauvres à pied), se méprisent l’une et l’autre. La fraternité des armes n’existent pas. Le commandement d'une telle armée est donc délicat.