Tragédie cathare


 

Les châteaux et castrums cathares Imprimer la page

En Italie et Occitanie, le terme "castrum" désigne un groupement d'habitats fortifié et perché, enroulé en cercles concentriques autour du noyau de la tour féodale (village castral) ou de l'église (village éclésial). Cette forme particulière d'habitat fut certainement un élément important de la diffusion du christianisme cathare. En Occitanie, les seuls vrais "châteaux cathares" furent ces bourgades fortifiées : Laurac, Fanjeaux, Le Mas-Saintes-Puelles, ...; certains sites comme Cabaret, Montségur, Termes ou Puilaurens furent cependant des castra avant de devenir citadelles royales. Souvent, les populations castrales expropriées furent relogées en plaine dans des bastides de repeuplement à plan quadrangulaire telles que Cabaret-Lastours, Carcassonne ou Mirepoix.

Le terme "chateau cathare" est utilisé par le tourisme contemporain pour désigner de manière arbitraire, les forteresses militaires bâties par le roi de France sur la frontière sud de ses domaines à l'issue de la croisade contre les albigeois. Ainsi Quéribus, Peyrepertuse, Aguilar, Termes, Roquefixade, Lastours-Cabaret, mais aussi Puivert et Montségur, qui restèrent châteaux privés. Quelques uns de ces sites avaient connu, antérieurement à la période royale, un habitat villageois de type castral susceptible d'avoir abrité des cathares et qui fut rasé lors de l'érection des citadelles. Il convient, en tout cas, de faire un sort à la légende des architectes et bâtisseurs cathares.


Aguilar

Forteresse royale des Hautes Corbières, bâtie sous Philippe le Hardi et Philippe le Bel, pour défendre la frontière sud du royaume. Après plusieurs attaques espagnoles au XVIème siècle, la place semble avoir été abandonnée avant même la paix des Pyrénées (1659).

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Arques

Pendant la croisade albigeoise Simon de Montfort prend et pille Arques, vers 1210. Par la suite il donne la seigneurie en récompense à son lieutenant, Pierre de Voisins. En 1280, son fils Gilles commence la construction du château qui se termine vers 1310, par son petit-fils Gilles II. www.chateau-arques.fr

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Bram

Au nord-ouest de Carcassonne, ce village situé en plaine fut pris d'assaut facilement. Simon de Montfort fit crever les yeux et couper le nez d'une centaine de prisonniers et les envoya à Cabaret guidés par un prisonnier à qui on avait crevé un oeil.

 

Cabaret (Lastours)

Importante seigneurie de la Montagne Noire, vassale des Trencavel de Carcassonne. La forteresse de Cabaret (Lastours) qui subit les assaut de Simon de Montfort en 1209-1210 et ceux de l'armée française en 1226-1229 était un castrum, village fortifié, siège d'un diacre et de nombreuses maisons religieuses cathares de l'Eglise de Carcassès. Les évâques cathares Pierre Isarn et Guiraut Abit y résidèrent. Lorsqu'en 1229 ses seigneurs rendirent la place au sénéchal de Carcassonne, le village fut déserté et rasé. Le roi de France y fit construire sur la crête les quatre châteaux de Lastours qu'on visite aujourd'hui. Site : chateauxlastours.lwd.fr

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Carcassonne

Carcassonne a hébergé grand nombre de cathares; protégés par le vicomte Raimond-Roger Trencavel, la ville devient terre d’hérésie au yeux du Pape. Elle subit de plein fouet les feux de la croisade dirigée par Simon de Montfort et tombe dans le domaine royal en 1224.

Saint Louis autorise la création d’une ville nouvelle, une bastide, en contrebas de la Cité de Carcassonne, de l’autre côté du fleuve Aude. Carcassonne devient alors une ville bicéphale où une concurrence acharnée a lieu économiquement et socialement entre Cité et Bastide. Cité de Carcassonne

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Cordes-sur-ciel

Ce village situé dans le Tarn au nord d'Albi, a été créé par Raymond VII de Toulouse en 1222. des est un lieu exceptionnel à plusieurs titres : par sa forme car c'est une bastide fortifiée dont il subsiste une porte et par son caractère profondément cathare dont on peut voir de nombreux vestiges (d'après une déposition faite à l'inquisiteur Pierre Durand en 1245, un atelier de tisserands cathares était basé à Cordes vers 1225). C'est peut-être la cité qui témoigne le plus de son passé cathare.

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Fanjeaux

Cette bourgade audoise était, à la fin du XIIIème siècle, un castrum fortifié, siège d'une importante seigneurie relevant du vicomte de Carcassonne. Des maisons religieuses cathares et la présence du Fils Majeur de l'évêché de Toulousain, Guilhabert de Castres, y sont attestés dès 1195. Les seigneurs de la place sont engagés dans le catharisme dès cette époque. A partir de 1207, frère Dominique tente d'y installer le centre de sa reconquête spirituelle (il sera le curé du lieu), tandis qu'en 1209, après la prise de Carcassonne, Simon de Montfort en fait une base de la croisade. En 1229, Fanjeaux passe dans le domaine du comte de Toulouse. Malgré l'Inquisition, le catharisme clandestin y demeure populaire jusqu'au milieu du XIIème siècle.

 

Laurac

Ce minuscule village était le siège de l'importante seigneurie de Laurac, état tampon entre comté de Toulousain et vicomté Trencavel, qui donna son nom au Lauragais. La famille de Laurac était très engagée dans le catharisme et le castrum était le siège d'un diacre de l'Eglise de Toulousain.

 

Lavaur

Situé dans le Tarn, la ville de Lavaur était au XIIème siècle, à la limite du comté de Toulouse et du vicomté Trencavel d'Albi. Au printemps 1211, la ville est prise par les croisés de Simon de Montfort et la confrérie blanche de l'évêque Foulque de Toulouse : 85 chevaliers sont étranglés et pendus, Géraude, la dame du lieu, est lapidée au fond d'un puits et les 400 religieux et religieuses cathares de la ville sont brûlés vifs.

 

Minerve

La petite ville fortifiée, protégée par de profonds ravins, était l'une des principales places fortes des vicomtés Trencavel. En juin 1210, Béziers et Carcassonne prises, Simon de Montfort prend la place après un siège terrible de cinq semaines. Un an après le massacre de Béziers, l'abbé de Cîteaux fait livrer aux flammes les 140 hérétiques, hommes et femmes, des maisons religieuses de Minerve.

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Mirepoix

Dépendance du comté de Foix, la ville fut vite gagnée par le catharisme. Un concile en 1206 rassembla 600 cathares. Mirepoix fut prise en 1209 par Simon de Montfort qu'il donna à un de ses lieutenants Guy de Lévis. Pierre Roger de Mirepoix joua un grand rôle dans la défense de Montségur qui appartenait à son beau-père Raymond de Péreille. En 1279 après l'effondrement du barrage de Puivert, la ville fut détruite. Jean de Lévis reconstruisit une nouvelle ville sur le plan d'une bastide.

 

Montségur

Située dans les Pyrénées ariégeoises, sur un piton calcaire dominant le pays d'Olmes, l'actuelle forteresse a été bâtie à la fin du XIIIème siècle - début du XIVème par la famille des Lévis, ses seigneurs par droit de conquête. Ce château a en fait été implanté à l'emplacement arasé de l'ancien village fortifié qui constituait jusqu'au siège de 1244, le lieu de résustance essentiel des cathares et des faydits. Une armée de croisade dirigée par le sénéchal du roi assiégea le castrum de mai 1243 à mars 1244. Le 16 mars, les 225 Bons Hommes et Bonnes Femmes des communautés de Montségur furent brûlés au pied de la montagne.

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Peyrepertuse

Situé sur la commune de Duilhac dans l'Aude, le catrums préexistant fut rendu au roi de France en 1240 par Guilhem de Peyrepertuse après l'échec de la révolte de Raimond Trencavel. Dès 1242, les architexte royaux en firent la plus majestueuse des citadelles royales de la frontière aragonaise. Un second chantier, à la fin du XIIIème, courona la crête du hat château de San Jordi. Un escalier fut alors taillé dans le roc pour relier les deux citadelles. www.chateau-peyrepertuse.com

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Puilaurens

Ce castrum appartenant à l'abbaye Saint-Michel-de-Cuxa, enclavé au coeur du Fenouillèdes, demeura à l'écart de la croisade contre les albigeois et constitua un refuge pour les faydits. Après la conquête française, le site est intégré dans la ligne de défense contre l'Espagne : une magnifique forteresse royale est alors construite, qui sera encore renforcée aux XVème et XVIème siècles, notamment par le système de chicanes qui défend l'entrée. Elle sera déclassée et abandonnée au XVIIème après le traité des Pyrénées (1649).

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Puivert

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On connait peu de chose de l'ancien castrum occitan appartenant aux seigneurs de Congost, qui fut pris e, 1211 par Simon de Montfort puis occupé par Loup de Foix en 1220. La résidence aristocratique que l'on visite aujourd'hui fut bâtie dans la première moitié du XIVème par les seigneurs d'origine croisée Thomas des Bruyères. Les décros représentant des musiciens ont longtemps fait confondre Puivert en Quercorb avec Puivert d'Agramunt en Catalogne, comme lieu de rassemblement de troubadours. www.chateau-de-puivert.com

 

Quéribus

Attestée depuis le XIIème siècle, la place forte de Quéribus dépendait des vicomtes de Termes. Benoît de Termes, le vieil évêque cathare de Razès, vint y finir ses jours en paix entre 1233 et 1241 sous la protection du faydit Chabert de Barbaira, à qui elle ne fut prise qu'en 1255 par l'armée royale. On relève dans les ruines actuelles, des traces de l'architecture du XIIème, puis d'aménagements du XIVème. Mais la citadelle royale, prise et reprise par les aragonnais, connait d'importants remaniements aux XVIème et XVIIème siècles pour résister aux tirs d'artillerie. Elle garda une garnison jusqu'au XVIIIème.

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Termes

Lorsqu'en 1210, Simon de Montfort vient assiéger Termes, seigneurie vassale des Trencavel, il trouve devant lui un castrum populeux, durement fortifié et tenu par un lignage aux convictions cathares assurées. La place fut prise par la soif. Une citadelle royale fut édifiée dans le courant du XIIIème à l'emplacement du castrum, dont la population dut se réinstaller dans un village neuf, au fond de la vallée. La forteresse fut démantelée et rasée en 1652 sur ordre de Richelieu.

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Villerouge-Termenès

La place appartenait aux archevêques de Narbonne qui y construisirent fin XIIIème-début XIVème la château que l'on admire aujourd'hui. Ce fut l'archevêque Bernard de Farges, en 1321, qui y fit brûler le dernier Bon Homme cathare connu, Guilhem Bélibaste.

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