Tragédie cathare


 

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La religion cathare est une forme médiévale de christianisme. Elle s'oppose à la religion "officielle" et au fil des ans un fossé va se creuser entre deux conceptions chrétiennes : l'une archaïsante et pacifique, détachée de ce monde et tournée vers l'au-delà, l'autre résolument déterminée à bâtir sur terre, y compris par la force, un ordre voulu par Dieu et scellé par le pape. C'est une religion morte, ou, si l'on préfère, à situer seulement dans le cadre de l'Histoire, c'est à dire dans les siècles centraux du Moyen Age (XIème-XIVème siècles).

 

Origine

Les très rares documents qui ont survécu permettent de rapprocher le catharisme de la religion bogomile. Né au Xe siècle en Bulgarie et largement répandu dans l’empire byzantin, le bogomilisme s’appuie sur la doctrine manichéenne. Cette doctrine est élaborée au IIIe siècle par Manès qui se disait prophète de Boudha, de Zoroastre et de Jésus. La synthèse qu’il fait des trois religions le conduit à un système dualiste : Bien et Mal, Lumière et Ténèbres.

Apparu au XIe siècle en Italie du Nord, le catharisme occitan s’organise au concile de Saint Félix de Caraman en 1167. Au cours de ce concile, présidé par l’évêque bogomile Nicétas de Constantinople, le catharisme s’organise en une véritable Eglise avec quatre évêchés (Albi, Agen, Carcassonne et Toulouse).

Pourchassés en Europe, éliminés méthodiquement, ils trouvent dans le Sud de la France un foyer de relative tranquillité. Ils sont reçus et encouragés par de nombreux petits seigneurs. De grands princes sont soupçonnés de leur être favorables ou de ne rien faire pour les empêcher de prêcher sur leurs terres.

 

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Doctrine

Le catharisme prétend être l’authentique christianisme. Ses livres saints sont la Bible (Nouveau Testament, uniquement) et les évangiles, principalement celui de Saint Jean.

Le catharisme pose comme principe de base que Dieu, infiniment bon, créateur de l’univers, ne peut être à l’origine du mal. Celui-ci est l’œuvre d’un ange déchu, le démon, qui aurait entraîné dans sa chute d’autres anges et le tiers des âmes créées par Dieu (cf. Apocalypse de Saint Jean). Les cathares pensent que ces âmes, tombées à terre, s’incarnent dans le corps des hommes. Elles ne pourront retrouver leur place au ciel qu’après s’être purifiées. Cette théorie dualiste s’oppose au dogme de l’Eglise officielle, où Dieu est seul créateur du monde. Pour un cathare, l’homme ne peut échapper à l’emprise du mal et accéder au spirituel qu’en se détachant du monde et de la chair. La mort représente l’anéantissement du mal.

En se référant aux Actes des Apôtres, les cathares rejettent la liturgie catholique. Ils ne récitent qu’une seule prière, le Notre Père et ne reconnaissent pas dans l’eucharistie la présence du Christ. Ils ne reconnaissent qu’un seul sacrement : le consolament qui a à la fois valeur de baptême (par imposition des mains, et non par l’eau), d'ordination et d'absolution des pêchés. Conféré aux mourants, il vaut extrême onction. Chaque âme consolée, à la mort de sa prison charnelle, regagne le Royaume du Père. Les autres devront se réincarner dans une existence nouvelle.

 

Hiérarchie

Sur le modèle de l'Eglise primitive, les Eglises cathares sont administrées par une hiérarchie d'évêques et de diacres. Les évêques revendiquent en droite ligne des Apôtres le droit d'ordonner. Chaque évêque est assisté par deux coadjuteurs : ses fils majeur et mineur qui lui succèdent à sa mort. Le territoire de l'évêché est réparti en un certain nombre de diacres qui servent de relais entre les fidèles et l'évêque.

Les prêtres cathares (ou " Parfaits ") qui ont reçu le consolament se qualifient eux-mêmes de " bons chrétiens " ou de " bons hommes ". Ils ont le pouvoir de baptiser et de transmettre la doctrine cathare aux fidèles (" les croyants "). Lorsqu'un croyant rencontre un Bon Homme ou une Bonne Femme, il les salue d'une triple demande de bénédiction en s'inclinant trois fois devant eux : c'est le melhorier (amélioration).

A noter que le mot " Parfait " n’a jamais été employé par les cathares; il est d’origine inquisitoriale et provient du latin hereticus perfectus qui signifie " hérétique achevé, complet ".

Le prêtre cathare (homme ou femme) mène une vie austère, faite d’abstinences : il ne mange pas de viande, s’astreint au travail pour gagner sa vie, pratique la prière et la lecture des livres saints, respecte une chasteté absolue et fait preuve de non-violence.

Les fidèles appartiennent au peuple chrétien de base. Ils ne renient en rien leurs engagements catholiques antérieurs mais ont le sentiment d'accéder à un meilleur état de chrétien grâce au sacerdoce des Bons Chrétiens.

 

Enseignement et Prédication

Les lieux de vie du catharisme ne se trouvent ni dans les grandes vlles (Toulouse, Albi), ni dans les châteaux frontaliers (Queribus, Peyrepertuse)i. Alors que les moines catholique (bénédictins, cisterciens) fuient le monde en s'isolant, les religieux cathares ouvrent leurs maisons au coeur des bourgs. Ces maisons communautaires tiennent de multiples fonctions : hospice, école, atelier, ... Nombreuses dans les ruelles des bourgades, elles participent pleinement à la vie économique et locale, et certainement plus activement que le curé de sa paroisse. Chez les cathares, ceux qui prient, travaillent ! Ce qui chamboule la hiérarchies des classes prônée par l'Eglise.

Contrairement aux clercs catholiques qui prêchent en latin, les religieux cathares prêchent en occitan.

Dans le clergé cathare, les femmes occupent une place égale à celle des hommes. Les cathares suivent la "Règle de Justice et de Vérité" des préceptes évangéliques. Le moindre manquement (mentir, jurer, tuer un animal, ...) constitue un pêché qui invalide la force de l'Esprit. Le pêcheur doit alors recevoir un nouveau consolament.

Le christianisme cathare n'utilise aucun symbole religieux. Sa spiritualité ne recherche Dieu qu'en dehors du visible. Il n'existe donc ni croix, ni temple, ni château, ni colombe cathare.

 

Fin du catharisme

Extirpé de façon méthodique par l'Inquisition au cours des 13e et 14e siècles, le catharisme est victime de sa structure rigide d'Eglise peu propice à la survie clandestine. Le jour où brûle le dernier Bon Homme, l'Eglise cathare est morte. Nul ne pourra plus en son nom prétendre détenir et transmettre la tradition des Apôtres.

Quelques sectes revendiquent aujourd'hui de manière absurde son héritage. Touristes et curieux, profiteurs de la catharophilie, travestissent les Bons Hommes en architectes mystérieux, en templiers gardiens du Graal. Tout ce là n'est que foutaise !

 

Origine du mot "cathare"

L’inquisition n’a jamais utilisé le terme de cathares pour désigner les hérétiques albigeois. Il est donné pour la première fois en 1163 par Eckbert de Schönau, chanoine de Bonn en Rhénanie.

L’éventail des appellations est large : « publicains » en Champagne et Bourgogne, « piphles » dans les Flandres, « patarins » en Italie, « albigeois » dans le Midi.

 

Glossaire cathare

 

Absolution

Dans l'Eglise cathare, le pouvoir d'absolution se manifestait par le sacrement du consolament, qui remettait les péchés et sauvait les âmes.

Abstinence

Les religieux cathares pratiquaient en permanence l'abstinence et jeûnaient un jour sur deux au pain et à l'eau en pratiquant dans l'année trois périodes de carême. Le reste du temps, ils faisaient maigre, c'est-à-dire se contentaient d'une nourriture végétarienne, mais incluant le poisson..

Ames

Selon les conceptions médiévales héritées d'Augustin, la créature humaine est triple : corps, âme (c'est à dire souffle vital lié au corps) et esprit éternel. Pour les cathares, la part spirituelle et éternelle du composé humain correspond aux âmes des créatures célestes de Dieu, tombées en la prison des corps charnels, qui sont la fabrication du mauvais. Ces âmes préexistantes à la production continue des corps physiques, sont donc toutes bonnes et promises au salut éternel. Ce salut est assuré par le sacrement du consolament qui réunit l'âme et l'esprit de la créature divine. Dans l'attente du salut, les âmes tombées doivent transmigrer de corps en corps, se réincorporer.

Ancien

Supérieur d'une communauté religieuse cathare masculine qui avait notamment la charge de conduire les novices à l'ordination du consolament, qui devait leur être conférée, dans sa propre maison, par un membre de la hiérarchie (évêque, Fils ou diacre).

Anges

Les anges symbolisaient pour les cathares les créatures spirituelles et bonnes de Dieu en son royaume, dont les créatures humaines en ce bas monde abritaient une étincelle tombée.

Animaux

Suivant le précepte évangélique, les cathares ne tuaient aucune créature vivante, pas même un animal. Devant l'Inquisition plusieurs d'entre eux préférèrent s'avouer hérétiques plutôt que de tuer un chien ou une poule. Dans la même optique, ils ne consommaient aucune nourriture d'origine animale (viande, oeufs, laitages) sauf le poisson, tenu à l'époque pour naître de l'eau.

Aparelhament
( ou servici)

Cérémonie de pénitence collective administrée une fois par mois, par le diacre au sein des communautés religieuses cathares.

Apôtres

Les cathares se donnaient eux-mêmes le nom d'Apôtres car prétendant être les seuls successeurs légitimes des Apôtres, dont ils avaient hérité le pouvoir de remettre les péchés et de sauver les âmes par le consolament.

Baiser de paix
(ou caretas)

La pratique chrétienne du baiser de paix clôturait les lithurgies cathares.

Baptême

Dans les rituels cathares, le sacrement du consolament par imposition des mains est appelé baptême. Les cathares ont conservé bien des traits du baptême primitif : imposition des mains conférant l'Esprit aux seuls adultes ayant demandé à le recevoir en connaissance de cause et déliant tous les péchés. Pour eux, le baptême d'eau de l'Eglise romaine était jugé insuffisant.

Bénédiction du pain

Cérémonie cathare correspondant à l'eucharistie et commémorant les gestes et les paroles du Christ lors de la dernière cène. A table, avant chaque repas, le pain était béni puis partagé entre tous les convives, y compris les laïcs, par le plus âgé des religieux présents. Il symbolisait la Parole divine que devaient répandre les Apôtres et n'était l'objet de nulle transubstantiation en corps et sang du Christ.

Bible

Les Ecritures saintes des cathares étaient celles du christianisme, c'est à dire la Bible, mais excluaient les textes postérieurs des Pères de l'Eglise et des conciles, qui fondent le catholicisme. Ils privilégiaient le Nouveau Testament par rapport à l'Ancien et rejetaient la Genèse, qui était pour eux le récit de la mauvaise création par le mauvais créateur.

Bon homme, Bonne Femme

Religieux(se) ayant reçu le consolament et pouvant le transmettre. Synonyme : Bon Chrétien, Bonne Chrétienne; Parfait(e) pour l'Inquisition.

Chair

Pour les cathares, la chair, d'origine maligne, appartenait au monde du visible et du corruptible; elle symbolisait le péché, la concupiscence et la mort. C'est la raison pour laquelle il leur était inconcevable que le Christ ait pu s'incarner autrement qu'en apparence. Désignée sous le terme de "tunique de peau" ou de "prison charnelle", la chair figurait l'enveloppe emprisonnant l'âme tombée et n'était pas appeler à ressusciter pour le Jugement dernier. Dans l'éternité du salut, l'âme retrouverait au contraire son corps spirituel de créature divine, demeuré auprès du Père après la chute des anges.

Chasteté

A la différence des moines catholiques, les membres du clergé cathare prononcaient leur voeux à un âge avancé, au terme d'une vie matrimoniale bien remplie, et n'accordaient guère de valeur à la virginité. Leur voeu de chasteté ne représentait donc pas une menace pour la démographie européenne, comme la polémique dominicaine l'a parfois prétendu.

Cimetière

Les cathares, qui n'attachaient aucune valeur sacrée aux corps et ne croyaient pas à la résurrection de la chair, n'observaient aucun rite particulier pour l'ensevelissement des défunts.

Consolament

Unique sacrement cathare. A la fois baptême, pénitence, ordination, extrême-onction, il s'administre par imposition des mains.

Croix

Pour les cathares, la croix, instrument de mort, n'était nullement objet de vénération, mais de rejet. Ils n'utilisèrent jamais de symbole religieux en forme de croix.

Diable

Le personnage du diable prend corps dans la chrétienté de l'An Mil à partir de plusieurs figures bibliques : le dragon de l'Apocalypse, le serpent de la Genèse, le roi de Babylone et l'ange déchu Lucifer. Les cathares voient en lui le Prince de ce monde - selon les termes de l'évangéliste Jean - qu'ils assimilent au mauvais créateur mis en scène selon eux par l'Ancien Testament sous le nom de Jéhovah.

Diacre

Premier "ordre" de la hiérarchie cathare qui compte au-dessus de lui les Fils et les évêques. Chargés de la visite des maisons religieuses, pour administration et discipline, sur l'étendue d'une circonscription de l'ordre du canton à l'intérieur de chaque Eglise, ils administrent tous les mois la pénitence collective du servici ou aparelhament aux communautés d'hommes ou de femmes.

Dualisme

S'oppose au monisme. Idéologie de l'affrontement de deux principes contraires, l'un bon et l'autre mauvais. Les cathares posent que le monde visible provient du mal et appartient au mal, alors que le monde de Dieu, le royaume, est l'invisible au-delà.

Eglise

Les cathares se sont organisés en Eglises, synonymes d'évêchés, autour d'évêques élus et consacrés. Pour la pratique de leur culte, ils ne reconnaissaient nul édifice sacré, ni église, ni chapelle, et prêchaient que "c'est le coeur de l'homme qui est la vraie église de Dieu" et non "un quelconque édifice de pierre ou de bois".

Enfer

Dans la logique dualiste du catharisme, l'enfer c'était ce monde visible, illusoire et transitoire et qui aurait une fin, à la "fin des temps" lorsque la dernière âme divine "consolée" l'aurait quitté. Alors, toutes les âmes ayant été sauvées et rendues à l'éternité du royaume divin, le mal et son bas monde se recroquevillerait sur leur néant, ce qui excluait la possibilité d'une damnation éternelle.

Eucharistie

Les cathares rejetaient ce sacrement, car ils ne croyaient pas en la réalité du corps, du sang, ni de la mort du Christ; ils n'attachaient aucune valeur rédemptrice au sacrifice du Christ sur la croix, ni aucune foi à la transsubstanciation de l'hostie, à l'autel, en son corps réel.

Endura

Observance, par le malade consolé, de la règle de Justice et de Vérité.

Evêque

Les communautés cathares étaient administrés par des évêques ordonnés sur le mode de l'Eglise primitive. Comme les évêques catholiques, ils détenaient le pouvoir d'ordination sur les communautés de leur Eglise. Au-dessus des évêques, aucun pouvoir centralisateur semblable à la papauté n'était discernable. A la fin du XIIème siècle, il existait une Eglise de France, une de Lombardie et quatre évêchés en Occitanie (Toulousain, Alibigeois, Carcassès et Agenais). En Occitanie, vers 1225, un cinquième évêché fut détaché de celui de Carcassès, celui du Razès.

Femme

Dans la théologie cathare, nulle discrimination théorique ne frappait la femme qui apparaissait constituée, comme l'homme, d'une âme divine tombée et enfermée dans un corps façonné et sexué par le diable. De fait, les femmes ont été nombreuses dans les rangs du clergé et des fidèles du catharisme occitan et italien.

Fils (majeur, mineur)

Attestés dès la fin du XIIème siècle, les Fils sont les coadjudicateurs de l'évêque cathare. Ayant déjà reçu l'ordination épiscopale, le Fils majeur succédait à l'évêque dès la mort de ce dernier, tandis que le Fils mineur devenait Fils majeur. L'on consacrait alors un nouveau Fils mineur.

Hiérarchie

Les cathares condamnaient la hiérarchie de l'Eglise romaine, qu'ils estimaient corrompue, depuis l'autorité suprême de la papauté jusqu'aux curés qui desservaient les paroisses. Ils étaient organisés en Eglises autonomes chacune dirigée par un évêque et ses Fils ou coadjudicateurs, qui avec leurs diacres et leurs Anciens, en constituaient la hiérarchie.

Icônes

Les cathares refusaient tout symbolisme tendant à sacraliser la visible, puisque selon eux, Dieu ne se manifestait que dans l'invisible et que le visible appartenait au monde du mal. Ils assimilaient le culte catholique des statues des saints à une idolâtrie de caractère païen.

Incarnation

Les cathares refusaient de concevoir que le Fils de Dieu ait pu s'incarner dans un coprs matériel fabriqué par le Mauvais et se soumettre à la dégénérescence et à la mort; ils ne croyaient qu'en la nature divine du Fils.

Jugement dernier

Les conceptions cathares, qui refusaient toute idée d'un Dieu vengeur et aboutissaient à la notion de salut universel, tendaient à relativiser ce schéma dominant.

Laïc

L'hérésie médiévale est peut-être la conséquence d'une revendication des laïcs à participer à la vie spirituelle, longtemps confisquée par les moines et les clercs.

Liberté

La notion de liberté était aux yeux des cathares inconcevable en ce bas monde, terr d'exil et de prison pour les âmes divines. La seule et vraie liberté pour l'individu consistait, selon eux, dans le choix du bien, qui marquait son engagement personnel dans la voie de justice et de vérité des Apôtres, c'est à dire dans l'Eglise cathare.

Maison religieuse

Les religieux(ses) cathares vivaient en petites communautés dans des maison religieuses assez semblables à des couvents catholiques, mais sans clôture. Ils y travaillaient de leurs mains et pratiquaient en commun rites et sacrements. Certains de ces établissements faisaient office d'hôtellerie, voire d'hôpital ou d'hospice; d'autres se confondent facilement avec des maisons particulières. Les maisons cathares, ouvertes et laborieuses, étaient nombreuses, répandues au sein des bourgades.

Mariage

Les cathares rejetaient le sacrement de mariage car ils ne voulaient pas mêler Dieu et le sacré à un événement purement matériel et social. Au moment de l'entrée en religion cathare, le postulant marié était libéré de ses liens conjuguaux par son conjoint. Selon eux, le seul vrai mariage était le mariage spirituel de l'âme et de l'Esprit par le consolament.

Mauvaise fin

Mort en état de péché, ne permettant pas en l'état le salut de l'âme. Si un Bon Homme faisait une mauvaise fin cela signifiait qu'il n'avait pas réellement reçu l'Esprit, si bien que les consolaments qu'il avait reçus et administrés lui-même étaient nuls et non avenus.

Melhorier

Les croyants étaient tenus de saluer de ce rite les Bons Hommes et Bonnes Femmes qu'ils rencontraient : ils se prosternaient trois fois devant eux, leur demandant : "Bon Chrétien, la bénédiction de Dieu et la vôtre" ajoutant à la troisième fois : "Et priez pour moi, qu'il fasse de moi un Bon Chrétien et me conduise à une bonne fin". Le religieux salué répondait par trois fois : "Soyez béni" puis "Nous prions Dieu pour vous, qu'il fasse de vous un Bon Chrétien et vous conduise à une bonne fin".

Meurtre

La prohibition du meurtre et de la peine de mort était au nombre des préceptes évangéliques qui formaient la règle de justice et de vérité des religieux cathares. Leur non-violence était totale, car, à la différence de celle des religieux catholiques , elle ne supportait aucune exception, que ce fut à l'encontre des infidèles (juifs, sarrasins), des criminels ou des animaux.

Mensonge

Parmi les préceptes évangéliques déterminant de leur règle de vie, les cathares observaient de manière particulièrement absolue la prohibition du mensonge. Leur souci de ne pas se livrer, même involontairement, au mensonge était tel qu'ils évitaient d'affirmer quoi que ce soit, employant des précautions verbales du type "si Dieu veut".

Novices

Avant de recevoir le consolament, baptême et ordination consacrant leur entrée en vie religieuse cathare, les postulant(e)s devaient effectuer une période de catéchuménat ou noviciat d'au moins un an, mais pouvant durer jusqu'à trois ans. Les novices vivaient en maisons communautaires avec les religieux, apprenaient à suivre leur règle et leurs rites, et recevaient un enseignement théologique.

Oraison
(Sainte oraison)

Pour les cathares, la sainte oraison c'était le Pater, prière enseignée par le Christ à ses Apôtres et à son Eglise. La version cathare du Pater ne différait du texte catholique que par l'expression "donnez-nous notre pain suprasubstantiel" en place de "notre pain quotidien" qui rappelait le sens symbolique du pain assimilé à la Parole divine.

Parfait(e)s

Nom parfois donné par des polémistes catholiques aux religieux et religieuses - Bons Hommes et Bonnes Femmes - qui composaient le clergé cathare, pour les assimiler à des manichéens.

Pêché

Tout manquement à la loi divine signifiait pour le chrétien cathare un pêché remettant en cause sa qualité de chrétien. Libéré du mal par la pénitence du consolament, il ne pouvait plus pécher, c'est-à-dire agir selon le mal. Le Bon Homme qui avait menti, juré, tué ou touché une femme devait ainsi être à nouveau consolé, au terme d'un nouveau noviciat.

Procréation

La reproduction des corps était une nécessité dans le système du catharisme pour assurer le "vieillissement en ce monde" de corps en corps de toutes les âmes tombées, jusqu'à leur salut final.

Règle de Justice et de Vérité

Règle de vie ascétique des Bons Chrétiens, basée sur les préceptes évangéliques : ne pas tuer, ne pas mentir, ne pas juger, ne pas médire, ne pas prêter serment, vivre en chasteté et pauvreté. Le refus du mensonge et de toute autre justice que celle de Dieu y tenait la place essentielle.

Sacrements

Les cathares rejetaient l'ensemble des sept sacrements catholiques (fixés au XIIIème siècle), qu'ils estimaient tardivement inventés par l'institution romaine. Ils pratiquaient le seul sacrement qui leur apparaissait fondé dans le Ecritures du Nouveau Testament, c'est-à-dire le baptême par l'Esprit et l'imposition des mains, annoncé par Jean Baptiste et attesté dans les Actes des Apôtres.

 

Textes du catharisme

 

Bible cathare

Une Bible cathare, en occitan du début du XIIIème siècle, est conservée à la Bibliothèque municipale de Lyon. Elle se compose du Nouveau Testament complet.

La Cène secrète

Composé au tournant des XXIème et XIIème siècles, cet apocryphe bogomile d'origine slave présente le dialogue lors d'une cène secrète, de l'apôtre Jean et du Christ. Les grands mites du dualisme y sont abordés : chutes des anges, création du monde et de l'homme, venue du Christ. L'évêque cathare de Concorezzo en possédait un exemplaire, raporté de Bulgarie vers 1190.

Le Livre des deux principes

Seul un abrégé de ce traité polémique de théologie est conservé à Florence. L'auteur se base sur les Ecritures, puise dans Aristote et utilise la scolastique pour démontrer l'existence de deux principes distincts et coéternels, et théoriser le dualisme.

Le Traité cathare anonyme

Il s'agit d'un recueil de citations scripturaires commentées, à l'usage pastoral d'un dualisme chrétien.

Les rituels de Lyon et Florence

Copiés, l'un en occitan après la Bible de Lyon, l'autre en latin après le Livre des deux principes, ces rituels fragmentaires décrivent les pratiques lithurgiques cathares.

Le rituel de Dublin

Copié en occitan après 1375, ce fragment de rituel se compose du Traité de l'Eglise de Dieu, sermon de l'évêque au postulant lors du consolament, et d'une glose du Pater.

 


Un site à visiter pour consulter ces textes :
jean.duvernoy.free.fr