Tragédie cathare


 

Les acteurs du drame Imprimer la page

Les seigneurs du sud
Les troubadours
Les évêques et parfaits cathares
L'église catholique
Les rois de France
Les barons du nord

 

Les Seigneurs du Sud

 

C'est Raymond 1er qui en 849 fonde la maison des Comtes de Toulouse. Sous le règne de Raymond III puis de Raymond IV, le comté s'étend de la Méditerranée à l'Aquitaine. En 1096, après le départ de Raymond IV pour la croisade, le duc d'Aquitaine, Henri Plantagenêt, s'empare à deux reprises du comté et tire prétexte de son mariage avec Aliénor d'Aquitaine pour prétendre à la suzeraineté sur le comté, ce qu'il finit par imposer à Raymond V en 1173. Le comté de Toulouse, qui était le plus puissant du monde méridional, perd définitivement son indépendance lors de la croisade menée par Simon de Montfort contre les Albigeois. Désormais sous l'influence des Français du Nord, il ne retrouve pas sa souveraineté malgré la restauration de Raymond VI. En 1271, le comté est annexé à la couronne de France comme le prévoyait le traité de Meaux en 1229 qui avait prévu le mariage de la fille de Raymond VII avec le frère de Saint-Louis.

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Raymond VI
(1156-1222)

Descendant de Raymond IV, principal acteur de la 1ère croisade en Terre Sainte, il a été de manière involontaire le personnage central de cette période.

Comte de Toulouse, dès 1194, duc de Narbonne, marquis de Provence, suzerain du comté de Foix, du vicomté de Béziers et de Carcassonne, c'est avec indépendance qu'il "régna" sur ses états du Midi. Il a agrandi son royaume par ses 5 mariages successifs; sa dernière épouse est la sœur du roi Pierre II d’Aragon. Lui-même est un cousin germain du roi de France.

Cathare, il ne l'était pas, pas plus que juif ou musulman. A l'image du Languedoc, il cultivait la tolérance, acceptait la diversité, ce qui lui vaudra le reproche de protéger les cathares. C’est un politique peu fiable, qui cherche à tirer son épingle du jeu dans une situation difficile. Il conclut des alliances de circonstance mais n’a pas les moyens de ses ambitions. Il meurt excommunié en août 1222.

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Raymond VII
(1197-1249)

Comte de Toulouse à partir de 1222, il tentera jusqu'à la fin de ses jours de faire annuler l'excommunication de son père, Raymond VI, pour qu'on put enfin lui administrer les derniers sacrements chrétiens.

De 1217 à 1228, il entreprend de rentrer en possession des terres dont son père avait été dépossédé, affrontant çà et là, l'armée royale de Louis VIII.

Contrairement à son père, il n'aura aucun scrupule à organiser plusieurs massacres de cathares pour satisfaire ses ambitions.

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Pierre II d’Aragon
(1177-1213)

Il devient roi d’Aragon en 1196 à la mort de son père le roi Alphonse II. Il acquiert le comté de Montpellier par mariage, se fait couronner par Innocent III en 1204. C’est lui qui arrête l’offensive des Almohades en Espagne et entame le début de la Reconquista (victoire de Las Navas de Tolosa en 1212).

Libertin, dépensier et amateur de la littérature des troubadours, il fut à la fois un remarquable combattant et un très fin politique. Sa grande idée politique était de réaliser de manière définitive l’expansion aragonaise au Nord des Pyrénées et si le sort de la bataille de Muret, où il trouve la mort, en avait décidé autrement, son alliance avec son beau-frère Raymond VI aurait dans doute entraîné le midi toulousain dans l’orbite espagnole.

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Les Troubadours

 

De l'occitan trobador qui signifie "trouveur" (trouvère en ancien français), ce titre désigne les poètes lyriques qui ont chanté l'amour en langue d'oc entre la fin du XIème et celle du XIIIème; créateurs d'un genre littéraire extrêmement raffiné, ils ont aussi inventé l'amour au sens moderne du terme; ils fréquentaient les cours qui recevaient les Bons Hommes cathares. Après la croisade, certains d'entre eux se sont engagés dans l'opposition à l'Inquisition et aux Français au nom des valeurs de courtoise et de paratge.

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Raymond de Miraval

Chevalier, il était au début du XIIIème siècle l'un des troubadours les plus réputés du Languedoc; il était l'ami personnel de Raymond VI; sa dame, surnommée "Mais d'Amic" (plus qu'amie) était sans doute l'épouse d'un seigneur de Cabaret; la croisade de 1209 le dépossède de son domaine de Miraval; il meurt vers 1214 dans la misère.

Peire Cardenal
(1180-1278)

Troubadour de la cour du comte Raymond VII au milieu du XIIIème, il fut incontestablement le plus grand poète occitan de son temps; originaire du Puy en Velay, chanoine défroqué, il est l'auteur d'une oeuvre abondante à l'inspiration intellectuelle et critique étonnante, qui paraphrase parfois le catharisme; il écrivait aussi des pièces satiriques mordantes contre l'Inquisition et de très beaux poèmes religieux. Le site www.cardenal.org lui est entièrement consacré.

"Les clercs se veulent des pasteurs mais se sont des assassins sous apparence de sainteté; quand je les vois revêtir leurs ornements sacerdotaux, me prend le souvenir de site Ysengrin qui un jour voulut entrer dans une bergerie".

Peire Vidal

Fils d’une famille aisée de Toulouse, ce troubadour est à la fois un poète de l’amour et un homme public; esprit libre et indépendant, il s’instaure en conseiller des suzerains, et son franc parler lui vaut quelques revers du destin; son œuvre émouvante, légère, nous donne de lui l’image d’un amoureux éternel mais passionné et sincère.

Guilhem Figuéira

Troubadour de la cour et du parti toulousain au milieu du XIIIème, il consacrea son inspiration à dénoncer la répression religieuse et la mainmise française sur Toulouse; il fréquenta les cours italiennes de Frédéric II en tre 1230 et 1240.

"En guise de tonsure vous auriez bien besoin Rome qu'on vous ôte la cervelle car vous portez vilain chapeau, vous et l'ordre de Citeaux qui à Béziers avez fait faire une si sanglante boucherie"

Guilhem Montanhagol

Troubadour de la cour toulousaine au milieu du XIIIème, il fut un auteur engagé contre le pouvoir des clercs et des français à côté de chants d'amour pour sa dame Esclarmonde

"Ils se sont faits inquisiteurs et jugent selon leur bon plaisir, je veux bien qu'on fasse enquête mais il me plairait qu'on pourchasse l'erreur avec de bonnes paroles, persuasions et que ce soit sans colère qu'on ramène l'errant dévoyé à la foi".


Les Evêques et Parfaits Cathares

 

ALBIGEOIS
la plus ancienne des églises cathares (1165)

Sicard Cellerier, évêque dès 1167

Jean du Collet, évêque aux premiers temps de l’Inquisition ; on perd sa trace vers 1242 quand son frère Aimery lui succède

Aimery du Collet, évêque à partir de 1242, exilé en Italie en 1255 par l’Inquisition

Bernard de la Garrigue, Fils Majeur d’Aimery du Collet, évêque vers 1269, arrêté par l’Inquisition vers 1283, il devient agent double pour le compte de l’Inquisition.

AGENAIS
évêché attesté dès 1167

Raimond de Casals, premier évêque

Raimond de Castelnau, évêque d’Agenais meurt âgé et malade vers 1310

TOULOUSAIN
évêché attesté depuis 1167

Bernard Raimond, premier évêque de Toulousain ordonné par l’évêque bogomile Nicétas en 1167 ; il apparait avec son Fils Majeur Raimond de Bairiac lors de la mission de pré-croisade de l’abbé de Clairvaux ; capturés en 1181, tous deux se livrent à une autocritique dictée par Cîteaux qui leur vaut pénitence et charge de chanoines.

Isarn de Castres, frère de Guilhabert de Castres, évêque de Toulousain ; on perd sa trace avec l’irruption des croisés en 1209

Guilhabert de Castres, noble, ancien abbé de Castres, Fils Majeur de Gaucelm de Fanjeaux, évêque de 1195 à 1209. Dans le bref temps de paix qui succéda aux bûchers de la croisade, de 1210 à 1229, il fut l’artisan de la reconstruction cathare. La répression l’oblige à transférer son siège à Montségur où il meurt très âgé et vénéré par tous, vers 1240.

Bertrand Marti, diacre dès 1225, il succède en 1236 à Guilhabert de Castres dont il était le Fils Majeur ; il est brûlé à Montségur en 1244

Arnaud Roger, noble toulousain, devient évêque en 1244 après la mort de Bertrand Marti

Bernard Olive, dernier évêque de Toulousain ; il part en Italie où on perd sa trace vers 1278

CARCASSES
évêché attesté dès 1167

Guiraut Mercier, premier évêque de Carcassès en 1167, on ignore son destin ultérieur

Bernard de Simorre, 2ème évêque au début du XIIIème siècle, il participe à une conférence contradictoire avec les légats du pape en 1204, puis avec l’abbé de Citeaux en 1207 ; il est attesté jusqu’en 1224

Pierre Isarn, 3ème évêque à partir de 1223 ; brûlé en 1226

Guiraut Abit, diacre de Toulousain, attesté dès 1209 ; il échappe aux bûchers de la croisade et sera la 4ème évêque de Carcassès à partir de 1226

Pierre Poullain, successeur de Guiraut Abit , dernier évêque connu de l’Eglise de Carcassonne ; on perd sa trace vers 1258

RAZES
évêché fondé en 1225

Cet évêché fut fondé entre les évêchés de Toulousain et Carcassès dans l’éphémère période de reconstruction du catharisme qui suit la reconquête occitane des années 1218-1224

Benoit de Termes, élu premier évêque en 1226 ; retiré à Quéribus (fief de sa famille), il y meurt vers 1235

Raimond Agulher, diacre de Sabartès avant de devenir le dernier évêque du Razès vers 1235 ; il meurt à Montségur en 1244

La petite église des
Frères Authié

Notaires proches du comte de Foix, ils sont à l’origine de la résurgence du catharisme en Comté de Foix et Toulousain dans la première décennie du XIVème siècle ...

Pierre, son fils Jacques et son frère Guilhem laissent tous leurs biens et vont en Italie vers 1295 pour se faire ordonner ; ils en reviennent Bons Hommes en 1299 ; ils seront brûlés en 1309-1310

Leurs compagnons auront le même sort qu’eux :

Amiel de Perles

André de Prades, ancien tisserand

Aude Bourrel, dernière Bonne Femme connus ; rejoint les frères Authié en 1304 et meurt de maladie en 1307; son corps sera condamné en 1309 à être exhumé et brûlé

Guillaume Bélibaste, dernier Bon Homme occitan connu; ordonné dans la clandestinité de l'Eglise des Frères Authié, il échappe en 1309 à une première arrestation pour se réfugier en Catalogne; trahi, il sera brûlé en 1321 à Villerouge-Termenès.

Pierre Maury, converti par Pierre Authié en 1302, capturé avec Bélibaste en 1321, il est condamné à la prison perpétuelle avec son frère Jean en 1324

Philippe d'Alairac, jeune noble lettré ordonné en Sicile en 1302, c'est lui qui ordonne Bélibaste en 1309; il meurt brûlé à Carcassone

Esclarmonde de Foix, sœur du comte, ordonnée Bonne Femme en 1204 par Guilhabert de Castres, elle vécut en maison religieuse cathare

Guillaume Pierre, dernier évêque cathare de France ; attesté en Italie vers 1270

Péreille (famille de) : au début du XIIIème siècle, le château de Montségur était une petit poste en ruine appartenant aux seigneurs de Péreille. Fourneille de Péreille se sépare vers 1200 de son mari pour se faire religieuse cathare; son fils Raimond relève les ruines de Montségur à la demande de l'Eglise cathare; il y accueille hiérarchie et communautés cathares pendant les persécutions; à l'issue du siège de 1244, sa femme Corba et sa fille Esclarmonde choisissent de se faire religieuses cathares et meurent sur le bûcher de Montségur

Lamothe (famille de) : famille aristocratique de la région de Montauban très engagée dans l'Eglise cathare dans la première moitié du XIIIème siècle. Les soeurs Arnaude et Peirone, et leur mère Austorgue, furent religieuses cathares clandestines du temps de la persécution. Leurs parents Bernard et Géraud furent membres de la hiérarchie de l'Eglise de Toulousain. Bernard, Fils Majeur de Guilhabert de Castres, joua un rôle important dans la reconstruction de l'Eglise (1218-1230). Géraud, diacre en Lauragais, fut brûlé aux milieu des communautés cathares du lieu.

De Laurac (famille de) : famille aristocratique engagée dans le catharisme; le castrum de Laurac était lui-même le siège d'un diacre de l'Eglise de Toulousain. La dame Blanche de Laurac et sa fille Mabilia étaient religieuses cathares; sa fille Navarre de Servian, elle aussi Bonne Femme, mourut à Montségur en 1234; sa fille Esclarmonde de Niort fut condamnée par contumace en 1236; ses deux autres enfants Géraude et Aimery furent martyrs de Lavaur en 1211.


L'Eglise Catholique

 

Innocent III
(1160-1216)

Membre de la puissante famille des Conti, il étudie la théologie à Paris et le droit canonique à Bologne. Il est nommé cardinal en 1190 à 30 ans et élu pape en 1198.

Pour résumer grossièrement son action, disons qu’elle vise à renforcer la centralisation de l’Eglise, à lancer la quatrième croisade, à lutter contre les hérétiques (croisade contre les Albigeois), à encourager la lutte en Espagne pour chasser les Arabes.

C'est sous son pontificat que furent créés les ordres religieux des franciscains et des dominicains. Il convoqua également le quatrième concile de Latran en 1213.

Le contenu de la lettre qu'il a expédiée aux évêques d'Occident à cette occasion ne laisse planer aucun doute quant à ses intentions: "Je me suis décidé à convoquer un concile général qui réformera les mœurs, anéantira les hérésies, établira la paix, protégera la liberté, rendra de sages ordonnances pour le haut et le bas clergé, gagnera enfin à la cause de la Terre Sainte les princes et les peuples chrétiens". Il meurt en 1216 dans la dix-neuvième année de son pontificat.

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Grégoire IX
(1145-1241)

Il est fait cardinal en 1198 par son oncle, le pape Innocent III, avant d'être élu pape en 1227.

Ami de Saint-François d'Assise, il crée l'Ordre des Frères mineurs ou Franciscains.Engagé à fond dans la lutte entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, il excommunia par deux fois (en 1227 et en 1239) l'empereur Frédéric II.

Jusqu'à sa mort, avec l'appui des communes italiennes, il mena contre lui une lutte âpre.Il publie en 1231 la constitution Excommunicamus qui place la poursuite des hérétiques sous la direction papale et établit l'Inquisition.

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Arnaud Amaury
( ?-1225)

D'abord abbé de Poblet fondée en Catalogne par Fontfroide, il est nommé abbé de Grandselve en 1198. Durant son abbatiat de 1198 à 1202, il fut un redoutable rival du comte Raymond VI de Toulouse, accusant celui-ci d'entretenir des sympathies coupables envers les hérétiques Cathares de son comté.

Poursuivant sa carrière à l'intérieur de l'Ordre, il est élu abbé général de Cîteaux. Le pape Innocent III en fait son légat et le général en chef de l'armée des croisés contre les Albigeois. Il est dès lors un des principaux organisateurs de cette Croisade qui devait aboutir à la perte de l'indépendance du Languedoc.

Son nom reste attaché aux paroles terrifiantes prononcées au cours du siège de Béziers, le 21 juillet 1209 "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens.". Il assiste au concile du Latran en 1215 en qualité d'archevêque de Narbonne, concile qui consacra la dépossession des terres des comtes des Toulouse au profit de Simon de Montfort.

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Foulque, évêque de Toulouse
(1155-1231)

Fils de commerçants fortunés, troubadour dans sa jeunesse, il devient, en 1201, abbé du Thoronet (abbaye cistercienne, près de Draguignan). En 1205, il est nommé évêque de Toulouse et devient un des adversaires les plus farouches de Raymond VI. Croisé dans l'âme, il deviendra l'ami et le soutien de frère Dominique et le dévoué collaborateur de Simon de Montfort. Il organisa une véritable milice privée, la Confrérie blanche, qui s'attaqua aux juifs et aux hérétiques. Il fut en 1229 parmi les fondateurs de l'université médiévale de Toulouse. "Il semble être plutôt l'Antéchrist que le messager de Rome" lit-on dans la Chanson de la Croisade.

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Saint Bernard
(1090-1153)

Abbé de Claivaux, il fut au milieu du XIIème siècle un personnage phare de la chrétienté. Il théorisa sur la poursuite des hérétiques et la guerre sainte contre les infidèles.Il consacra à la réfutation du catharisme une série de sermons sur le Cantique et dirigea vers Toulouse et Albi, en 1145, une mission de prédication antihérétique qui ne s'avéra guère concluante. Il fut canonisé en 1174.

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Saint Dominique
(1170-1221)

Domingo de Osma, dit Domingo de Guzman est né en Espagne dans un milieu aisé. Choqué en Languedoc par l'inneficacité des missions cisterciennes de réfutation du catharisme, il se consacre à partir de 1206 au combat contre l'hérésie avec ses propres armes, une prédication évangélique et pauvre. Il fonde près de Fanjeaux un couvent pour les femmes hérétiques qu'il pourrait convertir. En 1209, il est le curé de Fanjeaux, base stratégique de l'armée croisée. En 1215, avec l'appui de l'évêque Foulque, il fonde à Toulouse l'ordre des prêcheurs, approuvé par Innocent III. Il meurt en 1221, douze ans avant la création de l'Inquisition. Il est canonisé en 1234 par Grégoire IX.

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Les Inquisiteurs
 

Ni plus ni moins qu'une police politique créée par et pour l'Eglise catholique. C'est en 1233 que débute véritablement l'action de l'Inquisition contre les cathares; en effet le pape Grégoire IX désigne alors l'archevêque de Vienne (en France) comme légat dans les provinces du Languedoc avec pleins pouvoirs pour extrirper l'hérésie sans avoir de comptes à rendre à la justice de l'évêque ni à celle du pouvoir civil. Le légat transmis ces pouvoirs exorbitants aux deux premiers frères prêcheurs dominicains : Pierre Seila (Toulouse) et Guillaume Arnaud (Montpellier).

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Ses principaux représentants de l'Inquisition en Occitanie sont :

Guillaume Arnaud, fut en 1233 l'un des tous premiers dominicains désignés comme inquisiteurs à Toulouse selon les instructions de Grégoire IX. Dès 1234, il opère en Quercy avec Pierre Seila un ancien compagnon de Dominique et un des tout premiers inquisiteurs nommés par le pape; en 1235, les exactions de l'Inquisition soulèvent les villes méridionales contre les frères prêcheurs; Guillaume Arnaud est chassé de Toulouse sur ordre des consuls; il reprend ses enquêtes à partie de 1241 en Lauragais; il est exécuté en 1242 avec toute son équipe à Avignonet par un commando venu de Montségur, probablement sur ordre du comte de Toulouse.

Jacques Fournier, cistercien et maître en théologie, il est en 1311 abbé de Fontfroide avant d'être élu en 1317 évêque de Pamiers; dès 1319, le pape lui confie le soin de juger Bernard Délicieux. Peu après, il endosse la charge de l'Inquisition en son diocèse et se révèle un juge sévère et méthodique, s'attachant à éradiquer ce qui reste de catharisme en comté de Foix. Il est élu pape en Avignon en 1334 et prend le nom de Benoit XII; c'est alors qu'il fait réaliser la copie de son registre d'Inquisition qui est le meilleur document qui existe sur le dernier catharisme occitan; il meurt en 1342.

Bernard Gui, médiocre théologien, diplomate sans succès pour le Saint-Siège, ce dominicain s'accomplit dans la fonction d'inquisiteur qu'il remplit avec zèle méthode à Toulouse de 1307 à 1323. Avec Geoffroy d'Ablis puis Jacques Fournier, il appartient à la génération des juges religieux qui s'appliquent à rendre à l'institution inquisitoriale essouflée et compromise, son crédit et son efficacité jusqu'à aboutir à la quasi éradication du catharisme d'Occitanie. Auteur de la Practica Inquisitionis, manuel de l'inquisiteur rédigé entre 1319 et 1323, il se signale par la rigueur de ses enquêtes et la sévérité de ses sentences. Consacré évêque en 1323, il fut nommé au siège de Lodève où il acheva ses jours paisiblement en 1331.

Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre, dominicains opérant en Quercy avant 1242, puis en Toulousain et à Montauban. A partir de 1245, ils entreprennent une grande enquête en Laragais; ils cessent leur activité vers 1250.

Geoffroy d’Ablis, dominicain de Chartres et maître en théologie, il remplace Nicolas d'Abbeville en 1303 à la charge d'insuisiteur de Carcassonne; il officie avec rigueur jusque dans le comté de Foix; il meurt en 1316.

Jean Galand, dominicain, inquisiteur de Carcassonne à le fin du XIIIème siècle; comme son confrère Bernard de Castanet à Albi, il se livra à des enquêtes si irrégulières et si invraisemblables qu'un complot pour détruire ses dossiers fut monté dans les années 1283-1285; ses exactions et ses compromissions, comme celles de son successeur Nicolas d'Abbeville sont l'une des causes de la révolte populaire appelée rage carcassonnaise.

Ferrer, ce dominicain est l'un des premiers inquisiteurs désignés par Grégoire IX sur le Midi. Il débute par Narbonne (1233-1236), puis Albi, où sa cruauté la rend vite impopulaire. Après l'éxécution des inquisiteurs à Avignonnet en 1242, il est chargé de leur succession en Lauragais et Toulousain; ce fut lui, avec ses adjoints Pons Gary et Pierre Durant, qui interrogea les survivants de Montségur en 1244. Bernard de Caux prend la relève en 1245. Frère Ferrer est nommé prieur du couvent des dominicains de Carcassonne en 1252, puis de celui de Béziers. Il meurt à Perpignan en 1254.

Renaud de Chartres, Pons du Pouget, Jean de Beaune, Guillaume Raymard, Etienne de Saint-Thibéry, Guillaume Pelhisson, Arnaud Cathala, ...


Les Rois de France

 

Philippe Auguste
(1180-1223)

Le premier très grand roi capétien. Colérique et rancunier, il écrase ses principaux adversaires, les Plantagenêts et réussit habilement à leur reprendre un grand nombre de fiefs en France. Les territoires lui appartenant au moment de son couronnement sont peu étendus (Ile-de-France, Orléanais et Berry). Sa première épouse, Isabelle de Hainaut, lui apporte l’Artois en dot en 1180. En annexant l’Anjou et la Normandie, il triple la superficie du domaine royal.

Sa première femme étant morte, il se remarie en 1193 avec Isambour de Danemark puis avec Agnès de Méran, ce qui le fit entrer en conflit avec Innocent III, qui jettera l’interdit sur le royaume en 1200. Philippe ne s’inclinera qu’en 1213.

Il participe à la troisième croisade avec Richard Cœur de Lion. A la bataille de Bouvines en 1214, il défait la coalition de l’empereur d’Allemagne, d’un quarteron de puissants comtes et du roi d’Angleterre, Jean sans Terre et fait de la France la puissance dominante du XIIIe siècle en Occident.

Philippe renforça la royauté et affaiblit la féodalité, il pratiqua une politique de centralisation, il créa des fonctionnaires royaux (les baillis et les sénéchaux) qui étaient les représentants du roi dans les provinces du royaume. Il va confier sa trésorerie aux Templiers. Il laisse prêcher dans ses Etats la croisade contre les Cathares sans s'engager lui-même.

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Louis VIII
(1223-1226)

Fils de Philippe Auguste et époux de Blanche de Castille, Louis dit le Lion donne au royaume deux importantes façades maritimes sur l’Atlantique (région de la Rochelle) et sur la Méditerranée (Languedoc).

Il meurt de dysenterie en revenant de la croisade royale contre les albigeois. Son fils aîné Louis IX lui succédera.

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Louis IX
(1226-1270)

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Plus connu sous le nom de Saint-Louis.Lorsque son père Louis VIII meurt, il a 12 ans ; c’est sa mère Blanche de Castille qui assure la régence. Deux croisades à son actif, toutes deux ratées. Bon roi épris de justice, il donne au pays une bonne monnaie.

Le traité de Paris qu’il signe en 1259 avec le roi d'Angleterre Henri III, lui permet d'échanger le Quercy, le Limousin et le Périgord contre la Normandie, le Maine, l'Anjou, la Touraine et le Poitou, réglant ainsi durablement le conflit engagé depuis Philippe Auguste avec Jean sans Terre.

Son règne coïncide avec l'enseignement de Saint Thomas d'Aquin à la Sorbonne, la construction de la Sainte Chapelle en 1257, la sculpture de la façade de la cathédrale de Reims, l'édification ou la rénovation de grandes cathédrales: Paris, Rouen, Amiens, Auxerre, Bourges, ...

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Les Barons du Nord

 

Simon de Montfort (1160-1218)

Petit seigneur d’Ile-de-France, comte de Leicester par sa mère, il se couvre de gloire à la 4ème croisade en Terre Sainte en 1202. Lorsque la croisade albigeoise commence en 1209, il a plus de 50 ans. Il est désigné pour devenir le successeur de Raymond-Roger Trencavel, vicomte de Béziers et de Carcassonne, déchu de son titre en raison du soutien qu’il avait apporté à la cause cathare.

En 1215, le concile de Latran décide la destitution de Raymond VI à son profit, le déclarant à cette occasion comte de Toulouse. Il est tué en juin 1218 lors du siège de Toulouse ayant concentré sur lui les haines et les désirs de vengeance suscités par les massacres qu’il avait organisés.

Envahisseur, usurpateur, chef d’une guerre sainte qu’il a transformé en horreur, héros honteux d’une croisade déshonorante, Montfort sera méprisé par l’Histoire.

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Amaury de Montfort

Fils aîné de Simon de Montfort, il épouse en 1213 la fille unique d’André de Bourgogne, à ce titre héritière du Dauphiné ; à la mort de son père en 1218, il reprend à son compte la direction des opérations militaires mais doit faire face à une situation de plus en plus difficile.

En 1226, il cède tous ses droits sur les territoires conquis au roi de France dont il devient en 1227 le connétable : il doit en 1239 renoncer à ses droits sur le comté de Leicester en Angleterre (vestige de la conquête normande) ; finalement après tant d’aventures et de drames il n’est plus que seigneur de la seigneurie que possédait son père en Ile-de-France avant de partir contre les cathares. Il part pour la croisade en 1242, est fait prisonnier devant Gaza ; libéré deux ans après grâce à la rançon payée par le pape, il meurt au retour à Otrante.

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Les grand barons croisés

Eudes III, duc de Bourgogne +wiki

Hervé IV de Donzy, comte de Nevers +wiki

Gaucher de Châtillon, comte de Saint-Pol +wiki

Pierre de Courtenay, comte d'Auxerre +wiki

Milon IV, comte de Bar

Aymar de Poitiers, comte de Valentinois +wiki

Humbert, comte de Genevois +wiki

Le carré des fidèles

En août 1209, leur service d'ost accompli, certains croisés, à la différence de la plupart des grands barons, restent aux côtés du nouveau vicomte, Simon de Montfort. Ce groupe sera renforcé en décembre 1211 par l'arrivée de Guy de Montfort, frère de Simon, rentré de Terre Sainte. Quelques uns de ces fidèles parmi les fidèles feront même souche en Languedoc :

- de la région de Montfort : Bouchard de Marly (cousin d'Alix de Montmorency, l'épouse de Simon de Montfort), Pierre de Richebourg (vassal de Montfort), Amaury, Guillaume et Robert de Poissy et leur cousin Simon, Guy de Levis

- de l'Orléanais : Guy de Lucy

- de Normandie : Perrin de Cissey, Roger d'Andelys, Roger de l'Essart

- de Picardie : Gaubert d'Essigny, Robert de Forceville, Robert de Picquigny

- de Bourgogne : Lambert de Thury, Guillaume de Contres

- de Champagne : Robert Mauvoisin

- d'Angleterre : Hughes de Lacy

- d'autres origines : Rainier de Chauderon, Raoul d'Agis, Pons et Jean de Beaumont, Rouaud de Donges